Pèlerinage des étudiants et jeunes professionnels au Puy 2019 : « Marche avec nous »

Le 6 et 7 avril dernier a eu lieu le 11e pèlerinage au Puy-en-Velay, qui a rassemblé près de huit cents étudiants et jeunes professionnels venus de treize diocèses différents. Le thème de cette année était « Marche avec nous ». Vingt-sept personnes du diocèse de Valence y ont participé. Certains ont rejoint la Route des Sourires (pour les personnes porteuses de handicap) et d’autres se sont retrouvés à Rochelimagne pour une marche de quinze kilomètres. Nous étions accompagnés par Mgr Michel, un séminariste et deux religieuses.

Tous les participants se sont retrouvés à Saint-Paulien pour participer à un festival, suivi d’une veillée. Après une courte nuit nous sommes repartis tous ensemble, direction le Puy-en-Velay. Le week-end s’est clôturé par une célébration dans la cathédrale.

Coralie Hasslauer

Voici deux témoignages :

« Nous avons apprécié les temps de partage avec d’autres diocèses : les chants, les danses, la messe, le repas. Comme dit l’un d’entre nous, la marche en chantant nous a aidés à « entrer dans le cœur de Jésus ». Le samedi soir, nous avions des invitations VIP pour d’autres jeunes du pélé avec qui partager le repas. On a beaucoup ri pendant les sketchs d’improvisation théâtrale ! Par exemple, nous devions mimer une arrivée à la messe en parachute…
Le témoignage d’Azeez nous a touchés. Il a quitté son pays en guerre (la Syrie) et sa famille pour venir en France et apprendre une autre langue. Ou encore Fanny et Xavier, pour qui être trisomique c’est aussi être joyeux. Enfin, le dimanche matin, nous avons échangé autour de
la parabole de la brebis perdue puis une invitation à vivre le sacrement de réconciliation. »

Route des Sourires

« Le Pélé du Puy a été pour moi l’occasion de mettre ma vie à plat afin de me recentrer sur l’essentiel. C’est drôle comme une simple marche peut être l’occasion de s’arrêter dans notre course effrénée de la vie ! Cette remise en question s’est faite par plusieurs étapes, celles de la rencontre, du silence, de l’effort, et enfin de la prière. Au cours de notre marche, nous avons traversé un portique appelé « porte de la rencontre ». Le principe était d’aller à la rencontre d’un ou d’une inconnue. J’ai pu faire l’expérience d’une oreille attentive à ce que j’avais à dire, partager, peine comme joie. Ça a été aussi l’occasion de témoignages de vie d’autres chrétiens, ce qui nous rappelle que nous ne
sommes pas seuls ! J’ai pu discuter de l’engagement de l’une dans le mouvement scout, parler avec une autre de comment elle vit sa foi dans son travail, et à chaque fois j’y ai vu Dieu en action dans nos vies.

Ensuite le silence, si peu de bruit pour tant de choses à dire ! C’est dans le silence de la marche et de l’adoration du Saint-Sacrement que j’ai pu réfléchir au cap que prend ma vie. Nous avons si peu d’occasions d’être en silence, et c’est pourtant l’opportunité de véritables rétrospectives sur nos vies. Ça fait peur au début, on se laisse aller à des réflexions qui nous bousculent, mais c’est justement ça qu’on est venu chercher : que l’Esprit fasse le ménage dans nos vies ! Et justement, lorsque le pèlerin commence à marcher, il quitte son équilibre pour trébucher vers l’avant et se rattraper sur son autre pied afin de repartir du plus bel. Je crois que c’est ça le but du pèlerinage : quitter son confort pour oser aller de l’avant. Ainsi en parcourant les chemins de campagne ou en courant après un ballon avec les séminaristes, j’ai pu quitter ma routine, afin de laisser derrière moi ce qui me retient et m’empêche d’avancer.

Pour finir j’ai pu faire l’expérience du dialogue avec le Christ, en marche avec nous vers Pâques. Nous avons fait des chapelets durant la marche. C’est une prière humble, qui va au Christ par Marie sa mère si aimante. Ensuite ça a été le temps de l’adoration, l’occasion d’un dialogue intime avec Dieu. On y confie ses joies, ses peines et puis on exprime l’amour de la créature envers son créateur. Ensuite c’est la louange, par les chants, les instruments, les charismes, qui sont une explosion de joie qui s’élève vers les cieux ! Et enfin la sainte messe, le moment le plus sacré. Les chants, la liturgie et le dialogue entre la foule et les célébrants nous amènent doucement vers l’aboutissement. Alors, timidement, nous nous approchons au plus près du Christ, dans l’eucharistie, pour le recevoir en nous.

Je finirai par rendre grâce pour tous ces moments, toujours marqués par la joie, le recueillement et la prière. Et puis… l’an prochain, je reviens, mais avec un âne cette fois ! »

Jean Deberdt