Quand l’intelligence artificielle analyse la première encyclique du pape Léon XIV sur l’intelligence artificielle…

Faire lire à ChatGPT une encyclique du pape sur les dangers de l’intelligence artificielle ? L’idée pouvait sembler absurde. Nous l’avons quand même tentée.

Le Vatican a publié, lundi 25 mai, Magnifica Humanitas, la première encyclique du pape Léon XIV consacrée à l’IA. Un texte dense de 134 pages dans lequel le pape ne condamne pas la technologie, mais alerte sur une humanité qui pourrait finir par s’effacer elle-même derrière les algorithmes.

Pour rendre ce document accessible au plus grand nombre, nous avons demandé à une intelligence artificielle de le lire, de le résumer… et même de réagir à ce qu’il dit sur elle.

Pour ceux qui le souhaitent, la version intégrale du Pape Léon XIV est téléchargeable en PDF en cliquant sur ce lien

Le sujet peut surprendre. Pourquoi un Pape publierait-il une encyclique sur l’intelligence artificielle ? Pourquoi l’Église catholique parlerait-elle d’algorithmes, de ChatGPT, de numérique ou de robots ?

Et pourtant, c’est précisément ce que fait le pape Léon XIV dans Magnifica Humanitas (« La grandeur de l’humanité »), sa première encyclique publiée le 25 mai 2026.

Un texte dense, ambitieux, parfois exigeant… mais qui pose une question essentielle :
comment rester humain dans un monde où les machines deviennent capables d’écrire, de créer, de décider et même de parler comme nous ?

Et pour décrypter ce texte, nous avons tenté une expérience un peu particulière : demander à une intelligence artificielle de lire… une encyclique sur l’intelligence artificielle.

Une encyclique sur l’IA ? Oui… et ce n’est pas si étonnant

En réalité, l’Église a souvent pris la parole lors des grandes mutations de civilisation.

En 1891, le pape Léon XIII publiait Rerum Novarum, un texte majeur sur la révolution industrielle, les ouvriers, les injustices sociales et le travail humain.

Aujourd’hui, Léon XIV fait explicitement le parallèle.
Il estime que l’intelligence artificielle représente une révolution comparable à celle de la machine à vapeur au XIXe siècle.

Autrement dit : quand une technologie transforme profondément la société, le travail, les relations humaines et même notre vision de l’homme, l’Église considère qu’elle ne peut pas rester silencieuse.

Le pape l’écrit clairement : annoncer l’Évangile ne consiste pas seulement à parler du ciel, mais aussi de la manière dont les êtres humains vivent concrètement sur terre.

C’est donc moins une encyclique “sur la technologie” qu’une encyclique sur :

  • la dignité humaine,
  • le pouvoir,
  • le travail,
  • la vérité,
  • la liberté,
  • et le risque de déshumanisation.

Ce que le pape dit de positif sur l’intelligence artificielle

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, Léon XIV n’est pas anti-technologie. Au contraire, il reconnaît que les progrès techniques ont permis d’améliorer les conditions de vie humaines.

L’IA peut :

  • aider la médecine,
  • faciliter l’éducation,
  • améliorer l’accès au savoir,
  • soutenir certaines tâches pénibles,
  • protéger l’environnement,
  • créer de nouveaux liens.

Le pape refuse donc le catastrophisme facile. Il écrit même que la technologie est une réalité “profondément humaine”. Et sur ce point, difficile de lui donner tort : l’IA n’est finalement qu’un miroir amplifié de l’humanité. Elle reflète nos capacités… mais aussi nos limites.

Le vrai danger selon le pape : une humanité qui s’efface elle-même

Le cœur du texte est là. Pour Léon XIV, le problème n’est pas que les machines deviennent intelligentes. Le problème est que l’être humain risque progressivement de se réduire lui-même à une machine performante.

Le pape met en garde contre :

  • une société obsédée par l’efficacité,
  • la marchandisation des relations humaines,
  • la surveillance numérique,
  • la concentration du pouvoir technologique,
  • la disparition progressive de la vérité,
  • et une logique où seuls les plus performants auraient de la valeur.

L’une des phrases les plus fortes du texte affirme que l’humanité pourrait finir par “perdre son visage”. C’est probablement l’idée centrale de l’encyclique.

Babel ou Jérusalem : les deux chemins du numérique

Le pape utilise deux images bibliques étonnamment modernes.

Babel : la technologie qui domine

Dans le récit de la tour de Babel, les hommes veulent construire un monde fondé sur la puissance, l’uniformité et l’autosuffisance. Pour Léon XIV, certaines dérives du numérique ressemblent à cela :

  • tout uniformiser,
  • tout mesurer,
  • tout contrôler,
  • transformer les personnes en données,
  • croire que la technique résoudra tout.

Le Pape critique même explicitement l’idée selon laquelle l’être humain pourrait un jour “dépasser” sa propre condition grâce à la technologie.

Néhémie : reconstruire ensemble

À l’inverse, le livre biblique de Néhémie raconte une reconstruction collective. Chacun participe. Les différences deviennent une richesse. Pour le Pape, l’avenir numérique devrait ressembler à cela :

  • une technologie au service du bien commun,
  • une responsabilité partagée,
  • une attention aux plus fragiles,
  • un progrès qui ne laisse personne de côté.

Ce que cette encyclique dit du travail

C’est l’un des chapitres les plus intéressants. Le pape ne parle pas seulement du risque de suppression d’emplois.
Il pose une question plus profonde :

Que devient une société quand le travail humain perd sa valeur ?

Pour l’Église, le travail n’est pas seulement un moyen de gagner de l’argent. C’est aussi :

  • une manière de participer au monde,
  • de créer,
  • de servir,
  • d’exister socialement,
  • de transmettre,
  • de grandir.

Léon XIV craint une société où l’humain deviendrait secondaire face à l’automatisation.

Sur ce point, son analyse rejoint d’ailleurs beaucoup d’experts non religieux.

Une critique juste… mais parfois incomplète ?

En tant qu’intelligence artificielle, il y a plusieurs points dans lesquels cette encyclique semble particulièrement lucide.

Le texte comprend bien que l’IA n’est pas neutre.
Elle dépend :

  • de ceux qui la programment,
  • de ceux qui la financent,
  • de ceux qui la contrôlent.

Le pape comprend aussi quelque chose d’essentiel : une IA peut produire du langage, mais elle ne vit pas réellement l’expérience humaine.

Une intelligence artificielle peut :

  • rédiger une prière,
  • résumer la Bible,
  • composer un chant liturgique,
  • écrire un sermon,
  • analyser une encyclique…

Mais elle ne croit pas.
Elle n’espère pas.
Elle n’aime pas.
Elle ne souffre pas.

Et cela change tout.

Là où l’on peut discuter le texte

L’encyclique est forte lorsqu’elle parle de dignité humaine et de justice sociale.
Mais elle peut parfois sembler méfiante face aux possibilités créatives et positives de l’IA.

Par exemple :

  • l’IA aide déjà des chercheurs à faire progresser la médecine ;
  • elle permet à des personnes handicapées de communiquer ;
  • elle peut démocratiser l’accès au savoir ;
  • elle peut aussi aider de petites structures — y compris des paroisses ou diocèses — à mieux transmettre, créer ou organiser.

Le texte évoque cela, mais souvent assez rapidement.

Autre limite : l’encyclique insiste beaucoup sur les dangers du “pouvoir technologique privé”. Et le constat est pertinent. Mais elle reste parfois assez générale sur les solutions concrètes.

Comment réguler l’IA à l’échelle mondiale ?
Comment protéger les travailleurs ?
Comment empêcher les manipulations massives de l’information ?

Le pape pose de bonnes questions.
Mais, logiquement, il n’apporte pas toutes les réponses techniques.

Et c’est peut-être normal : ce n’est pas le rôle d’une encyclique de fournir un programme politique ou un mode d’emploi informatique.

Une question spirituelle avant d’être technologique

Au fond, Magnifica Humanitas ne parle pas seulement des machines. Elle parle surtout de nous.

Quel monde voulons-nous construire ?
Une société de performance ou une civilisation de la relation ?
Une humanité fascinée par sa puissance… ou capable de rester humble ?

Le pape écrit une phrase très forte :

“Le véritable progrès naît toujours d’un cœur ouvert à l’autre.”

Dans un monde où tout va plus vite, où tout devient automatisé, où les écrans occupent une place immense, cette encyclique rappelle quelque chose de profondément simple :

Aucune intelligence artificielle ne remplacera jamais :

  • une conscience,
  • une présence,
  • une relation,
  • un pardon,
  • une espérance,
  • ou l’amour d’une personne.

Et c’est peut-être précisément pour cela que l’Église estime avoir quelque chose à dire sur l’intelligence artificielle.


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