140 adultes confirmés dans le diocèse : « Ils disent que cela leur change la vie »
Ce dimanche de la Pentecôte, 140 adultes recevront le sacrement de confirmation à la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence, lors de deux célébrations présidées par Mgr François Durand. Ils étaient 69 en 2025 et 67 en 2024 : le nombre de confirmands a donc plus que doublé en un an, obligeant la tenue de deux célébrations à 10h et à 15h, faute de place suffisante.
Parmi eux, des jeunes adultes, des parents de famille, mais aussi des personnes plus âgées, jusqu’à 70 ans. Plus de la moitié recevront également la communion pour la première fois. Beaucoup ont été baptisés enfants sans poursuivre leur parcours chrétien. D’autres reviennent vers la foi après des années d’éloignement. Pour Véronique Arsac, responsable diocésaine du catéchuménat, cette progression révèle une véritable quête spirituelle et l’importance du rôle joué par les paroisses, les accompagnateurs et les communautés chrétiennes.
Mgr François Durand revient sur ce phénomène qui marque aujourd’hui profondément la vie du diocèse.
Que vous disent les lettres des futurs confirmands ?
On voit à travers elles tout un cheminement qui explique leur désir de confirmation. Ce qui me frappe, c’est que dans leurs lettres, souvent très longues, ils racontent un peu toute leur vie.
Pour certains, cela fait suite à des expériences de vie douloureuses. Beaucoup parlent de difficultés, de ruptures, de fragilités ou de moments où ils ont cherché un sens plus profond à leur existence.
Qu’est-ce qui vous marque le plus dans leurs témoignages ?
Leur regard sur ce que nous vivons dans l’Église. Pour des chrétiens de longue date, la lecture de la Bible, la messe, les communautés fraternelles ou le sacrement du pardon peuvent parfois paraître évidents. On finit parfois par ne plus voir ce que cela apporte réellement parce qu’on le vit presque par habitude.
Or les personnes qui vont être confirmées disent dans leurs lettres que cela leur change la vie. Aller à la messe, se confesser, participer à une communauté… pour elles, il y a eu un avant et un après.
Elles trouvent dans la foi et dans l’Église une nouvelle famille, avec des communautés bienveillantes. Elles y trouvent aussi des repères pour structurer leur vie. Elles font l’expérience que Dieu ne les abandonne pas et découvrent un courage nouveau pour prendre leur vie en main.
Qui sont ces adultes qui demandent aujourd’hui la confirmation ?
Parmi les 140 confirmands, il y a beaucoup de jeunes adultes, mais aussi des profils plus âgés, y compris des sexagénaires. Pour beaucoup, c’est un chemin d’approfondissement de la foi chrétienne. Souvent, le déclic vient d’un conjoint, d’un collègue, d’un proche qui leur donne envie de connaître davantage la foi chrétienne et d’en savoir plus.
On constate aussi que les gens parlent davantage de la foi qu’avant. Nous sommes pourtant dans une société où la laïcité a parfois cherché à neutraliser la sphère religieuse dans l’espace privé. Mais les nouvelles générations sortent davantage de cette crainte. Elles osent désormais parler de foi et de spiritualité.
Beaucoup avaient donc quitté la foi chrétienne ?
Oui, pour la plupart ils vivaient loin de la foi. Souvent, leur parcours chrétien s’était arrêté en fonction des circonstances de la vie. Certains avaient été baptisés enfants, mais cela n’était pas allé plus loin. C’était une tradition familiale, sans véritable suite. Pour quelques-uns, seules les grands-mères avaient transmis quelque chose de plus profond.
Aujourd’hui, ils disent : “Je veux vraiment être chrétien et cela change déjà des choses dans ma vie.”
Et pour beaucoup, cette confirmation sera aussi l’occasion de recevoir la communion pour la première fois.
Quel rôle jouent les paroisses et les communautés chrétiennes dans ces parcours ?
Les confirmands remercient beaucoup dans leurs témoignages les paroisses, les prêtres et les accompagnateurs. Ils soulignent en grande majorité le bon accueil qu’ils ont reçu. Cela crée déjà des envies de communautés et de fraternités. Certains m’ont même demandé des pistes pour créer leur propre bibliothèque chrétienne afin de continuer à approfondir leur foi.
Tout cela témoigne de la capacité de nos communautés chrétiennes à être appelantes et accueillantes, mais aussi à avoir trouvé des personnes capables d’initier à l’intelligence de la foi.
Que recherchent profondément ces adultes dans leur démarche ?
Je remarque qu’il y a souvent chez eux un besoin de paix et de stabilité. Cela revient beaucoup dans les lettres. Ils recherchent un approfondissement de la foi pour structurer leur vie. Et ils constatent parfois un véritable avant et après à la suite d’une messe, d’une confession ou d’un pèlerinage.
La famille joue-t-elle un rôle important dans ces demandes ?
Oui, énormément. Pour beaucoup, cette démarche est liée à la famille. Certains viennent par leur conjoint. D’autres parce que leurs enfants adolescents ou jeunes adultes demandent eux-mêmes le baptême. Cela leur donne envie de prendre au sérieux la foi chrétienne.
Il y a aussi des jeunes qui préparent le mariage et qui témoignent de leur désir de vivre pleinement cette dimension d’être chrétien.
Que représente cette génération de confirmands pour le diocèse ?
C’est un encouragement pour les paroisses. Ce sont des personnes jeunes pour la plupart, et elles constituent un véritable vivier pour la vitalité de nos communautés chrétiennes.
