Pastorale de la santé : formation sur l’empathie

Le Lundi 13 mai 2019 de 9h à 16h30 à Nazareth/Chabeuil a eu lieu une journée de formation sur le thème de l’empathie : « quels risques prendre pour l’autre ? » ; elle a été organisée en partenariat avec le Centre Interdisciplinaire d’Éthique de Lyon et ouverte non seulement aux aumôniers, auxiliaires bénévoles, visiteurs en paroisse, professionnels de santé mais aussi à toute personne au service du frère.

Christian Bobin définit l’empathie de cette manière-là : « l’empathie c’est, à la vitesse de l’éclair, sentir ce que l’autre sent et savoir que l’on ne se trompe pas, comme si le cœur bondissait de la poitrine pour se loger dans la poitrine de l’autre ». Lorraine Gravereau, psychologue et le P. Jean-Marie Gueulette, dominicain et docteur en médecine et théologie, ont abordé ce thème d’un point de vue psychologique, éthique et théologique devant 160 participants environ.

Notre capacité à penser l’empathie est une « grande affaire » pour être en relation avec d’autres personnes ; ce n’est pas automatique et cela fait appel à notre affectivité et à nos capacités cognitives. L’empathie est une pratique nourrie d’une motivation et d’un plaisir à être présent à l’autre qui recèle un potentiel de sens : l’altruisme, le don de soi….l’empathie se travaille même si l’on sent en nous cette dimension dans l’approche de la personne et nécessite des postures comme l’écoute, l’ouverture à l’autre, des regards croisés, une présence, un sourire … autant d’expressions corporels qui font de notre corps une caisse de résonance. Prendre soin de l’autre ou l’éthique du « care » nécessite des harmoniques empathiques, qui nous permettent de prendre conscience de nos limites, à l’exemple du bon samaritain (générosité et limites) :
L’attention : Nous sommes touchés par la souffrance de l’autre car nous sommes participants d’une commune humanité ; mais cette souffrance, ce n’est pas la mienne.

La responsabilité : de l’ordre de la réponse à l’épreuve de l’autre ; oser répondre cela a du sens même si cela n’est pas « efficace ».
La compétence : engagement aux côtés de celui qui souffre. Dans l’empathie, nous construisons et nous maintenons du lien.
Attention ! L’empathie comporte ses risques et peut coûter cher à certaines personnes en les plongeant dans l’épuisement voire le burn-out. La personne chrétienne n’en est pas exclue : nous sommes une créature, ce statut nous donne la dimension de limite par rapport au créateur : nous ne sommes pas seuls au monde et nous ne sommes pas tout-puissant. Le sacrifice ultime est celui de la croix. Seul le Christ est sauveur !

Marie Hélène Cotte responsable équipe de la pastorale santé