« Pas de vraie liberté sans respect et sans fraternité »

Reuni en assemblée plénière depuis le début de semaine avec les autres évêques de France, en visio conférence, l’évêque de Valence Pierre-Yves Michel interpelle, avec ses confrères, les Français sur la fraternité et la liberté d’expression à l’occasion de la journée d’hommage aux trois victimes de l’attentat de Nice.

Et si nous commencions par le respect et la fraternité ?

La liberté doit être défendue, sans faiblesse. Est-ce à dire que la liberté d’expression ne doit connaitre aucune retenue vis-à-vis d’autrui et ignorer la nécessité du débat et du dialogue ?

Oui, les croyants, comme tous les citoyens, peuvent être blessés par des injures, des railleries et aussi par des caricatures offensantes.

Plus qu’à des lois supplémentaires, nous invitons chacun, en conscience, au respect.

« Liberté, égalité, fraternité » : la fraternité est une valeur républicaine. Notre exercice de la liberté ne peut pas l’ignorer. Nous devons en tenir compte dans nos comportements individuels et collectifs, personnels et institutionnels.

Nous vous partageons notre conviction profonde : la liberté grandit quand elle va de pair avec la fraternité.

Comme le dit Saint-Paul : « ‘Tout est permis ‘, dit-on, mais […] tout n’est pas bon’, ‘Tout est permis, mais tout n’est pas constructif ’. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui » (1 Cor 10, 23-24).

Il est temps de réfléchir à la manière dont nos institutions collectives et nos comportements individuels doivent promouvoir le respect et déployer la fraternité.

Cette réflexion urgente doit être engagée par les pouvoirs publics.

Elle concerne chacun d’entre nous. Elle nous concerne tous.