Édito de Mgr Michel : Parabole de la fraternité

Du 16 au 21 septembre, j’ai participé au Voyage de l’Espérance organisé par le Secours Catholique Drôme-Ardèche à Assise, sur les pas de saint François et de sainte Claire. Cette expérience fut très marquante pour moi pour plusieurs raisons que je souhaite vous partager et qui en font comme une « parabole de la fraternité ».

D’abord, j’ai visité pour la première fois ce que l’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino, appelle « le sanctuaire du dépouillement », situé à l’évêché, à l’endroit même où le jeune François s’est dépouillé de ses vêtements pour les rendre à son père et a été accueilli paternellement par Guido, son évêque. Jamais je n’avais saisi à quel point cet événement initial était riche de sens : Guido, au nom de l’Église, met son sceau sur le choix de la pauvreté fait par François.

J’ai reçu cela comme un appel pour mon propre ministère de pasteur appelé à discerner les charismes pour le bien de toute l’Église. J’ai entendu cette invitation au dépouillement au moment où notre pape François invite l’Église à une conversion et à une transformation missionnaire.

Du coup, le message reçu par saint François devant le crucifix prenait aussi une nouvelle actualité. « Va, répare ma maison ! » Oui, le renouvellement de notre Église passe par la vie fraternelle de tous ses membres. Le fait que le voyage ait été préparé et animé de bout en bout par des petites rencontres en « fraternités » a donné de la chair à cette  refondation de l’Église à laquelle nous sommes convoqués. Douze petites fraternités regroupant des membres des équipes du Secours Catholique et des paroissiens, des personnes en précarité, des familiers de la vie ecclésiale et des personnes en recherche, accueillant aussi quelques croyants musulmans, ont cheminé dès avant la venue à Assise et se retrouveront au retour dans leurs villes et villages de nos deux diocèses. Nous sommes entrés dans un authentique processus permettant à la confiance de naître et de grandir et favorisant une expression libre de la foi au Christ et de l’espérance que nous ouvre l’Évangile. Pour le diocèse de Valence, c’est un pas de plus dans la mise en oeuvre des « fraternités locales missionnaires » voulues par le synode. Nous avons reçu comme un signe d’encouragement en constatant que le diocèse d’Assise s’est engagé dans un chemin analogue avec des « familles d’Évangile » (groupes de dix à douze personnes qui écoutent la Parole de Dieu, se soutiennent fraternellement et accueillent les plus fragiles).

Cette dimension fraternelle a permis un véritable accueil des pauvretés vécues par les uns et les autres. « Notre pauvreté, c’est le manque d’amis » a dit un jeune couple. « Après le décès de mon mari, j’ai trouvé dans l’équipe du Secours Catholique, comme une nouvelle famille », a dit une maman. « C’est quand j’étais en prison que j’ai rencontré le Seigneur », a dit un autre. Nous voici au cœur de la Diaconie, vécue au sein de nos paroisses comme à l’échelle du diocèse. Le  Secours Catholique apparaît bien dans son identité de service d’Église, participant avec d’autres mouvements et groupes au tissage des liens fraternels, mettant les pauvres à la place d’honneur et leur permettant de dire leur parole, qui nous plonge souvent au cœur de la miséricorde de Dieu. Le 18 novembre prochain, la journée mondiale des pauvres que le pape François nous invite à célébrer dans toutes nos communautés sera un rendez-vous très important pour poursuivre l’aventure. Les fraternités qui ont participé au voyage d’Assise sont invitées à être moteurs de cette journée. L’Esprit Saint nous réservera d’autres surprises…