Visite pastorale de la paroisse Notre-Dame du Haut-Nyonsais

Du 14 au 17 mars, visite pastorale de l’évêque de notre Église locale, le diocèse de la Drôme… Comme le faisaient les apôtres, rendant visite ou écrivant aux communautés chrétiennes naissantes, notre évêque vient nous écouter, nous rassurer, nous conforter dans la foi… Il invite notre communauté à ne pas cacher le trésor que nous avons reçu.

La 1ere rencontre a lieu à Saint-May, où le maire et quelques habitants nous accueillent autour des vestiges de l’abbaye de Bodon. Dès 480, des moines sont venus sur ce site, qui fut un foyer spirituel pendant de nombreux siècles, ils ont contribué au développement agricole et environnemental de ce territoire… Aujourd’hui, l’agriculture est mise à mal et nos hôtes n’ont pas manqué de nous faire part de leurs préoccupations, que partagent les acteurs socio-économiques rencontrés les jours suivants. Ainsi, dès les premières heures de ce pèlerinage de quatre jours, le cadre était tracé : découverte des réalités économiques associatives et humaines de ce territoire, écoute, prière avec la communauté chrétienne, messages de paix et d’espérance.

 

Après la messe et le repas à Saint-May, la présentation du Parc Régional va nous permettre de découvrir les réalités économiques du Haut-Nyonsais. Le Parc Régional des Baronnies prend peu à peu sa vitesse de croisière (97 communes adhérentes dont 55 de la Drôme). Les missions qui lui sont confiées, dans le cadre d’une charte (pédagogie, expertise, médiation, accompagnement de projets), ne peuvent qu’être en phase avec les acteurs économiques que nous allons ensuite rencontrer (artisans, agriculteurs). Nous avons pu le découvrir lors de nos deux rencontres suivantes : la conserverie, dont la propriétaire est soucieuse à la fois de la qualité de son travail, mais aussi d’être génératrice d’emploi dans l’avenir, puis le magasin de producteurs à Rémuzat. Après les vêpres priées en l’église de Rémuzat, retour sur Sahune.

 

En soirée, avec l’évêque, nous étions à l’écoute du monde agricole. Ce fut une rencontre animée et riche d’informations. Qu’ils soient éleveurs, arboriculteurs fruitiers, vignerons ou qu’ils pratiquent les cultures maraîchères, les agriculteurs aiment leur métier et le vivent avec passion… Les obstacles ne manquent pas (nouveaux prédateurs, loups, insectes, mévente des produits). Face à l’adversité, des solidarités se créent… Tous se battent pour vivre dignement de leur travail,
innovent dans les choix et les techniques de production et de vente (comme le développement des marchés de producteurs, magasins de producteurs, circuits courts de vente). Ils sont de plus en plus préoccupés par le respect de l’environnement (cultures raisonnées et développement du bio), soucieux d’offrir aux consommateurs des produits
sains et de haute qualité.

 

Le lendemain, vendredi, c’est au Pôle sanitaire et médicosocial des Trois Vallées, à Curnier, que l’évêque et toute l’équipe avaient rendez-vous. Le Pôle sanitaire et médicosocial est une structure associative devenue indispensable au cœur de nos vallées. C’est une réalisation voulue et portée par les communes et les pouvoirs publics. Il facilite l’accès aux soins, l’accompagnement des malades et le maintien à domicile, grâce à ses soixante-quinze salariés (personnel infirmier, aide-soignant, aide à domicile). C’est au service des malades et des personnes âgées isolées, que des personnes formées et compétentes sont au plus près des réalités sanitaires et sociales de notre région.

Après la messe, une incursion pour le repas vers Sainte-Jalle-Rochebrune. La rencontre avec un jeune agriculteur a permis de découvrir les enjeux pour l’avenir que sont l’implantation de nouvelles cultures (épeautre, amandiers, spiruline) et l’accueil des nombreux touristes. Puis, c’est le retour vers Sahune, en faisant une nouvelle halte à la Maison Sociale de Curnier, pour faire connaissance avec l’association d’animation sociale. Cette association aide à réaliser divers projets socio-culturels et artistiques en vue d’un mieux vivre dans les Trois Vallées.

 

En soirée, vient le temps de l’Assemblée des paroissiens autour du père Évêque. C’est l’occasion, enrichis de tout ce que nous venons de vivre, d’exprimer nos joies, nos peurs, nos rêves, nos questions… Il nous faut rejoindre les gens là où ils sont, la Bonne Nouvelle ne nous appartient pas. N’ayons pas peur de nommer Dieu, Jésus. Que la Communauté ne se replie pas. Qu’ensemble, nous prenions plus de temps pour être à l’écoute de la Parole de Dieu et le partage.

 

Samedi, 3e jour d’échanges et de rencontres. Comment ne pas consacrer la matinée aux jeunes, aux enfants, aux confirmands, et leurs familles… Ils sont promesse de l’Église vivante. L’après-midi fut le temps de l’éveil à la solidarité et à l’environnement avec le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD). La présentation d’une
vidéo GABÈS face au crime environnemental nous a permis de débattre sur la préservation et l’aménagement « de la Maison Commune », notre bien commun qui nous a été confié. Belle occasion d’échanges sur des engagements et des expériences vécues sur notre territoire. Enfin, en soirée, après la messe, ce fut le moment de œcuménisme, avec un échange entre catholiques et protestants pour exprimer ce qui existe déjà et voir ce qui peut être mieux vécu et célébré ensemble.

 

Le dimanche, à La Motte-Chalancon, fut le temps de la fête et du partage (petit-déjeuner, repas partagé), avec la messe
paroissiale. Ce fut l’occasion pour le Père Évêque, au regard du vécu des quatre jours, de nous conforter dans la foi, souhaitant que notre communauté chrétienne fasse signe au cœur des terres des Baronnies. « Peuple de l’Alliance, va creuser ta foi dans les déserts du monde »… C’était notre chant d’Envoi.

Gérard Coutand