« Ma patience a été déçue »

Monseigneur Pierre-Yves Michel, évêque de Valence, réagit aux annonces du Premier Ministre, de ce jeudi 26 novembre, sur la confirmation de la jauge de 30 personnes pour les messes et célébrations publiques.

« Les célébrations publiques reprennent enfin, dès ce samedi, et je m’en réjouis. Mais ma patience a été déçue ! La concertation qui dure depuis des semaines n’a servi à rien. Cette jauge de 30 personnes est irréaliste, inapplicable et manque de bon sens.

Comme j’ai pu l’indiquer cet après-midi au Préfet de la Drôme, mon incompréhension est grande par rapport à cette décision et à son imprécision quant à la mise en pratique. Le Président de la République, Emmanuel Macron, a répété mardi soir à plusieurs reprises que la culture est importante et essentielle. Les cultes doivent être considérés comme tels.  N’y a-t-il pas une inquiétude à avoir par rapport à cette méconnaissance du besoin spirituel ?

Toutefois nous ne sommes pas au-dessus des lois et nous allons essayer de composer avec ces directives. Malgré ce manque de clarté et l’ambiguïté du discours, nous allons vivre pleinement ce week-end de l’Avent qui est très important. Nous ne voulons pas être dans la confrontation. Nous voulons le bien des fidèles, dans la pratique de leur foi.

30 personnes dans nos églises et nos cathédrales, même en n’intégrant pas les enfants de moins de 12 ans dans ce décompte, c’est compliqué à gérer. Je fais confiance aux prêtres et à leurs équipes et je demande au plus grand nombre de respecter les gestes barrières et la distanciation, et de se rapprocher le plus possible de ce qui est demandé. Les églises restent ouvertes et il n’est pas possible pour nous d’interdire l’entrée à une personne dans une église. Je travaillerai ces prochaines heures en concertation avec les vicaires forains de notre diocèse et avec les évêques de notre province pour trouver des solutions et des précisions pour que le week-end se passe au mieux pour tous. J’invite à vivre cette étape difficile dans l’écoute mutuelle et le soutien fraternel. Recherchons ce qui contribue à la paix, et ce qui nous associe les uns aux autres en vue de la même construction. (Romains 14, 19) ».