” Marthe Robin est une figure drômoise qui a voulu rendre la foi accessible à tous “

La personne de Marthe Robin est mise en avant, ces jours-ci, suite à la publication d’un livre sur son procès en canonisation. L’Evêque de Valence, Pierre-Yves Michel, témoigne sur la place de la drômoise, reconnue vénérable par le Pape François en 2014 et fondatrice des Foyers de Charité, dans la vie actuelle du Diocèse de Valence.

Marthe Robin est née en 1902 à Châteauneuf de Galaure (Drôme). Elle tombe malade en 1918. En 1942, sa maladie, une encéphalite, est diagnostiquée.  Paralysée, elle n’a pas quitté son lit pendant 53 ans. A partir de 1927, la maladie a touché le système digestif et celui de la déglutition. Le procès en canonisation (Lire le dossier ici) atteste que nul ne l’a jamais vu manger et que personne ne lui a préparé de repas. Elle a vécu des phénomènes mystiques (vision de la Vierge, vision de Jésus, stigmates  sur son corps et Passion de Christ tous les vendredis). Elle est morte en 1981.

Après avoir initié une école chrétienne à Châteauneuf de Galaure, elle a créé avec le père Finet les foyers de Charité en 1936 pour proposer des retraites spirituelles. Il s’agit d’une œuvre catholique internationale qui propose des retraites spirituelles de formation chrétienne, ouvertes à tous, croyants ou non. Il en existe aujourd’hui 78 dans 42 pays. Le site drômois accueille chaque année 30 000 personnes, où la chambre de Marthe Robin est encore visible.

 

Pierre Yves MichelExiste-t-il un culte particulier de Marthe Robin dans le Diocèse de Valence ?

Monseigneur Pierre-Yves Michel :  Marthe a été déclarée vénérable en 2014, mais il n’y a pas de culte spécifique à ce stade. Si elle est béatifiée et canonisée cela pourra se faire. Il y a toutefois des retraites et des parcours qui sont organisés dans les Foyers de Charité, pour des adultes qui s’interrogent sur leur orientation de vie. Des soirées découverte de Marthe Robin sont organisés ainsi qu’une retraite de 6 jours, “Va, Prie, Deviens”, dédiée jeunes de 18 à 30 ans qui cherchent des pistes pour leur avenir, leur vocation, leur vie professionnelle. Cela apporte un temps de pause ou de silence et permet d’approfondir sa foi ou de mieux connaitre le Christ.

 

L’héritage Marthe Robin est-il présent dans la Drôme ?

Marthe est une figure que des Drômois, encore vivants, ont connu. Même si des confirmants et des catéchumènes ont été fortement nourris par la figure de Marthe, son rayonnement reste assez discret. On ne parle pas d’elle tout le temps.

Elle a voulu rendre la foi accessible à tous par les retraites.  Son intuition était de valoriser la place des laïcs sans diminuer le rôle des prêtres.

 

Quels sont les liens entre le Foyer de Charité de Châteauneuf de Galaure et le Diocèse ?

Ils sont assez forts. Le Foyer est très bien inséré dans la vie diocésaine. Nous y organisons régulièrement avec les prêtres des réunions et des retraites. La collaboration avec la paroisse est également forte, avec un soutien des membres du foyer. Les écoles sont aussi bien insérées dans l’enseignement catholique. Les Foyers de Charité et les écoles, qui ont une proposition spirituelle forte avec une certaine tenue, sont des œuvres voulues par Marthe.

 

Où en est le procès pour la béatification ?

C’est un processus assez long et qui n’a pas de délai bien défini. Cela suit son cours, les théologiens sont en train d’étudier le miracle de Marthe Robin. Etre reconnu vénérable est la première étape, vient ensuite la béatification, puis la canonisation.