Regard du père Maxime Rouet sur le confinement

Vous trouverez ci-dessous un texte du père Maxime Rouet, 97 ans, chanoine retiré à la maison Sainte-Germaine à Valence, sur cette période d’épidémie et de confinement. Il y partage sa conviction d’une répercussion profonde de cette crise sur la personne.

Texte du père Maxime Rouet

« Plus j’avance dans le temps de cette crise, humainement terrible, plus je suis convaincu qu’elle a et qu’elle aura une répercussion, peut-être profonde, sur tout ETRE HUMAIN qui voudra bien s’asseoir et faire silence.
Au milieu de tout ce que les moyens de communication nous apportent, une chose me frappe : on ne parle presque plus des choses de la vie ; on parle des PERSONNES, Homme et Femme : leur visage, masqués ou non, leur Regard, leurs mains.
Seule ou non, cette personne prend de l’importance : Elle devient un NOM, un centre, un SUJET, à qui on va donner du temps, des soins, de l’Amour. Sa solitude intérieure attire et donne à réfléchir.

La CRISE fait apparaître l’essentiel de toute vie : la RELATION Humaine. La Relation aux Autres construit la Vie, lui donne un sens, comble une attente, celle du Cœur…
Peut-être, pour certains, le Besoin de Relation vraie n’est pas encore perçu, mais ils le cherchent inconsciemment.
On n’est plus à se demander si la souffrance a un sens. On voit des Etres souffrir et leur visage se prête à être Aimé et à aimer.
Cette CRISE me révèle que l’Incroyant est une Personne à égalité avec le croyant. La FOI est Relation, mais l’absence de FOI appelle à la Relation. C’est par là que le Monde des Humains doit trouver un chemin qui rapproche, qui rassemble, qui pose Question : ce chemin a-t-il une issue ?

Peut-être cette crise va-t-elle faire percevoir à certains que ce chemin, qu’ils croyaient sans issue, en a une. Iront-ils plus loin ? Mystère …
Pour moi, prenant le temps de lire, jamais je n’ai ressenti aussi fortement la certitude que la VIE ne peut s’écrire qu’avec Trois Majuscules.
La VIE nous dépasse, la Vie nous arrache à nous-mêmes, nous fait regarder vers les autres. Elle nous interdit de les juger.
Jamais je n’ai mieux saisi que, si DIEU a voulu prendre notre vie, c’était pour nous dire « Tu veux savoir qui je SUIS, où je suis ?… Regarde ton voisin, ta voisine : son visage, c’est le MIEN. Entre l’Etre Humain et MOI, choisis d’abord l’Etre Humain…Alors tu seras sûr de m’avoir choisi MOI… qui t’aime. »

 

Père Maxime Rouet

(Texte retranscrit par le P. Daniel BLANC)