Édito de Mgr Michel : Hâter la venue du Fils de Dieu

Chaque année, le temps de l’avent vient attiser en nous une vive impatience de la venue du Fils de Dieu. Devant la violence des hommes, les injustices et les souffrances de toutes sortes, un cri jaillit de nos cœurs : Ça suffit, Seigneur, viens à notre aide ! Viens nous sauver ! Dans sa description d’un monde en fusion, l’apôtre Pierre invite les chrétiens à vivre dans la sainteté, car, dit-il, « ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice » (2ème lettre de saint Pierre, chapitre 3, versets 10 à 13.)

En effet, le contraste entre la frénésie commerciale des préparatifs des fêtes de fin d’année et la douce lumière de l’attente et de la naissance du Fils de Dieu parmi les hommes est chaque année plus sensible. N’ayons pas peur de nous démarquer très concrètement en vivant le temps de l’avent dans une prière persévérante, des gestes de paix et de partage et des choix de rencontres fraternelles qui font circuler la joie.

La venue du Fils de Dieu dans notre humanité ne fait pas de bruit mais nous croyons qu’elle est le basculement du côté de l’amour plus fort que la haine.

Le magnifique documentaire Pour Sama, journal d’une mère syrienne à Alep pendant les années de guerre (film de Waad Al Kateab et Edward Watts, prix du meilleur documentaire du festival de Cannes) me paraît une belle parabole de cette force invincible de l’amour gratuit et de l’espérance, face à toutes les horreurs de la guerre.

Au sein de notre société française où la loi du plus fort semble bien souvent l’emporter, avec des lois qui voudraient refaçonner l’homme selon les désirs de quelques-uns, préparons-nous à célébrer les fêtes de Noël – Epiphanie comme la manifestation de la miséricorde de Dieu pour l’humanité et le cosmos tout entier, c’est-à-dire comme la limite que Dieu face au mal et à la violence sous toutes ses formes.

 

Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence