Alep renaît

Du 2 au 6 décembre, Mgr Michel s’est rendu à Alep, avec une petite délégation de la Drôme, pour rencontrer la communauté chrétienne sur place et renforcer le jumelage entre nos deux diocèses.

Le voyage à Alep de la délégation de Valence en ce début d’Avent a été vécu comme une véritable « visitation », avec beaucoup de dialogues pour mieux nous connaître, des rencontres marquantes et de belles célébrations.

Sans le faire exprès (clin d’œil de l’Esprit Saint), nous avons pu participer le 4 décembre à la fête de Sainte Barbe, martyre du 3e siècle, très populaire en Syrie. Après la messe à la fin de laquelle nous avons signé la charte du jumelage Alep – Valence, nous avons dégusté avec les paroissiens la célèbre bouillie de blé sucrée, en écoutant le récit des épreuves traversées tout au long de la guerre.

Évocation ô combien significative de la parole de Jésus :  » Si le grain de blé ne tombe en terre, il reste seul. S’il meurt, il porte beaucoup de fruits.  » (Jean 12, 24). La foi de la communauté a été renforcée par ce passage à travers la souffrance. La visite de la cathédrale très abîmée par des obus fut un moment d’intense émotion que nous avons déposée dans la prière, avec un chant arménien demandant la miséricorde de Dieu.

Une matinée complète a été consacrée à la visite des écoles arméniennes. Nous avons admiré l’énergie déployée pour éduquer ces jeunes enfants, comme en témoignait leur chant en plusieurs langues (arménien, arabe, français et anglais). Quelques adolescents ont interprété une pièce de théâtre en français ayant pour thème les droits des enfants. Tous ont apprécié les messages de fraternité et de paix envoyés par les enfants et jeunes de Valence. Ce soutien mutuel dans la foi est au cœur du jumelage commencé il y a deux ans et que ce voyage visait à développer. Nous avons reçu un message de courage et d’espérance que nos hôtes nous ont chargé de transmettre à notre retour. L’évêque arménien catholique d’Alep, Mgr Marayati, a fait le choix de reconstruire en priorité l’école avant la cathédrale, manifestant ainsi son désir de prendre soin des pierres vivantes, les enfants et les jeunes, qui sont l’avenir de ce peuple éprouvé.

Nous avons reçu en cadeau une crèche fabriquée avec des débris de chaises et de bureaux, pour signifier que le Seigneur vient au milieu des folies meurtrières des hommes, pour apporter la paix. Vienne la paix de Dieu dans nos maisons, dans nos cœurs, partout dans le monde !

Merci de continuer à faire circuler les croix d’Alep dans les paroisses et les familles pour approfondir de façon concrète ces liens amicaux et spirituels, en attendant de nouvelles initiatives.

Pierre-Yves Michel