Lundi 15 mars
Nous prions avec le monde de la culture. Dominique Joubert, Diacre, organiste titulaire de la cathédrale St Apollinaire de Valence.
Un psaume à l’opéra ?
Aujourd’hui, les textes nous appellent à reprendre souffle, à faire briller notre espérance,
comme la lampe d’Aladin.
Le psaume ; au centre des textes est une splendide méditation sur l’espérance.
Il y a une phrase bouleversante : « Tu as changé mon deuil en une danse ».
Nous savons tous combien les deuils avec parfois comme un acharnement de la mort autour
de nous : perte d’un proche, puis d’un autre et parfois en peu de temps laisse nos cœurs et
nos âmes blessés cruellement. Il semble que nous ne pourrons jamais revenir de cet abîme,
de cette fosse, de cette poussière qui semble vouloir nous étouffer. Aujourd’hui comment
ne pas penser aux familles qui ont perdu un proche et parfois, à cause du virus, sans avoir pu
revoir le visage de l’être aimé ? Les trois textes du jour sont un hymne à la vie, au retour de
l’espérance. A la renaissance de la nature et aussi à l’annonce de la résurrection.
Je vous en propose une illustration avec le célèbre opéra de Charles Gounod, écrit en 1859,
« Faust ».
L’argument est qu’un chercheur alchimiste désireux d’aboutir de vaines recherches sur la vie
éternelle, vend son âme au diable contre l’éternelle jeunesse. Il séduit avec l’aide la magie
diabolique une jeune fille pure, Marguerite. Elle se donne à lui et Faust suit le diable dans la contemplation des beauté passées : Vénus etc.
Lorsqu’il revient sur terre, il veut revoir Marguerite qui n’est pas une vision abstraite, mais une personne de chair et de sang, dotée de sentiments, ce que le diable ne peut comprendre.
Or celle-ci a eu un enfant qu’elle a tué, comprenant qu’il était d’essence diabolique.
Faust et Méphistophélès la retrouvent en prison.
Son amour pour Faust se réveille un bref instant avant qu’elle prenne conscience de l’horreur qu’elle a vécu. Elle intercède auprès de Dieu avec cet admirable air, qui monte de plus en plus : « Anges purs, anges radieux, portez mon âme au sein des cieux ! Dieu juste, à
toi je m’abandonne, Dieu bon, je suis à toi, pardonne ! »
Elle meurt sur le champ. Le diable rit : « jugée ! » Mais le ciel répond par le chœur des anges:
« Sauvée !» L’âme de Marguerite monte au ciel, accompagnée par ce chœur : « Christ est
ressuscité ! » accompagné à l’orgue !
Aujourd’hui je ne suis pas sûr que la laïcité permettrait un tel final dans son Temple qu’est
l’opéra !
Voilà comment l’opéra a traité sans forcément le savoir ce verset : « Tu as changé mon deuil
en une danse ! »
Anges purs :
Christ est ressuscité :
« On n’y entendra plus de pleurs ni de cris »
Lecture du livre du prophète Isaïe 65, 17-21
Ainsi parle le Seigneur :
Oui, voici : je vais créer
un ciel nouveau et une terre nouvelle,
on ne se souviendra plus du passé,
il ne reviendra plus à l’esprit.
Soyez plutôt dans la joie, exultez sans fin
pour ce que je crée.
Car je vais recréer Jérusalem,
pour qu’elle soit exultation,
et que son peuple devienne joie.
J’exulterai en Jérusalem,
je trouverai ma joie dans mon peuple.
On n’y entendra plus de pleurs ni de cris.
Là, plus de nourrisson emporté en quelques jours,
ni d’homme qui ne parvienne au bout de sa vieillesse ;
le plus jeune mourra centenaire,
ne pas atteindre cent ans sera malédiction.
On bâtira des maisons, on y habitera ;
on plantera des vignes, on mangera leurs fruits.
– Parole du Seigneur.
Psaume 30, 2a. 3-4, 5-6, 9. 12a.13cd
R/ Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.
Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.
Quand j’ai crié vers toi, Seigneur.
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.
Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté, toute la vie ;
avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie.
Et j’ai crié vers toi, Seigneur,
j’ai supplié mon Dieu.
Tu as changé mon deuil en une danse.
Que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce !
« Va, ton fils est vivant »
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Cherchez le bien, non le mal, afin de vivre.
Ainsi le Seigneur sera avec vous.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 4, 43-54
En ce temps-là,
après avoir passé deux jours chez les Samaritains,
Jésus partit de là pour la Galilée.
– Lui-même avait témoigné
qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays.
Il arriva donc en Galilée ;
les Galiléens lui firent bon accueil,
car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait
à Jérusalem pendant la fête de la Pâque,
puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête.
Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée,
où il avait changé l’eau en vin.
Or, il y avait un fonctionnaire royal,
dont le fils était malade à Capharnaüm.
Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée,
il alla le trouver ;
il lui demandait de descendre à Capharnaüm
pour guérir son fils qui était mourant.
Jésus lui dit :
« Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges,
vous ne croirez donc pas ! »
Le fonctionnaire royal lui dit :
« Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! »
Jésus lui répond :
« Va, ton fils est vivant. »
L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite
et il partit.
Pendant qu’il descendait,
ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre
et lui dirent que son enfant était vivant.
Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux.
Ils lui dirent :
« C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi),
que la fièvre l’a quitté. »
Le père se rendit compte que c’était justement
l’heure où Jésus lui avait dit :
« Ton fils est vivant. »
Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.
Tel fut le second signe que Jésus accomplit
lorsqu’il revint de Judée en Galilée.
– Acclamons la Parole de Dieu.
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