Mercredi 21 février

Aujourd’hui, frère Bruno-Maria PIZZA, capucin, aumônier à l’hôpital Drôme-Vivarais de Montéléger, nous accompagne dans cette Pause Carême

Mercredi 21 février : Lc 11, 29-32

Ce qui domine dans l’Evangile de Luc c’est le thème de la miséricorde, Dieu en
faveur d’une humanité blessée par le péché. Son message n’est pas celui d’un
pardon sans discrimination. La promesse de clémence est accompagnée de
menaces contre les orgueilleux qui s’opposent au libre pardon accordé aux
pécheurs.

Dans sa montée vers Jérusalem, Jésus rencontre ses contemporains qui veulent
des signes alors qu’ils ont été fournis à profusion. L’identité de Jésus, est-elle
objet de curiosité ou de mépris ? Les signes merveilleux étaient des actes de
puissance et révélaient l’identité de ceux qui les opéraient, en ne les ayant pas
reconnus, cette génération a montré sa perversité. Jésus répond qu’il est le fils
de l’homme. Jésus lui seul s’attribue ce titre qui voile et révèle sa messianité.
Il manifeste une réticence à se situer par rapport aux qualificatifs peut être
plus transcendants comme : Messie, fils de Dieu ou Seigneur, en employant
cette expression, il se désigne comme le représentant de l’humanité créée à
l’image de Dieu. Jésus est porteur de la Nouvelle Alliance, médiateur entre les
hommes et le Père, avec Lui le ciel reste toujours ouvert, « vous verrez le ciel
ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme »
(Jn 1,51).

Jésus refuse de leur donner un signe parce que leur incrédulité, leur cécité, les
empêchent de reconnaitre dans la personne même du Fils de l’homme et son
agir, le signe de la promesse, ici il y a plus que Jonas et la sagesse de Salomon.
La mission de Jonas s’inscrit dans l’annonce comme pour tous les prophètes, en
l’occurrence c’est dans la ville assyrienne de Ninive que doit se poursuivre son
envoi pour proclamer le châtiment de Dieu à cause de leurs mauvaises
conduites. Contrairement à toute attente les Ninivites accueillent avec
bienveillance la parole du prophète et font pénitence dans le deuil et le jeûne,
dans l’espérance de miséricorde. Dieu alors renonce à sa condamnation prévue
et Jonas se met en colère contre son créateur, car il découvre que son Dieu ne
rejette pas les païens qui se tournent vers lui.

Le prophète Jonas est la figure symbolique de l’enfermement des Hébreux sur
eux-mêmes dans leur judaïsme, repliés sur leur propre particularité, ils ne
veulent pas voir les signes du Royaume. Si Jésus prend la parabole du signe de
Jonas, c’est dans une perspective d’universalité, pour dire aux scribes et
pharisiens, que les païens, eux ont entendu la parole de Jonas et se sont
convertis, l’offre du salut n’est pas réservée qu’à Israël, mais à la multitude.
Néanmoins, le signe de Jonas ne symbolise pas seulement, un peuple à la
nuque raide, au cœur endurci, il est aussi le signe pascal. Rappelons-nous, le
récit de son engloutissement dans le monstre marin, pendant trois jours et
trois nuits, puis rejeté sur le rivage, c’est le signe absolu qui récapitule toute
l’histoire du salut, lu à la lumière de la Résurrection qui préfigure les trois jours
que le Christ a passés au cœur de la terre, ici il y a plus que Jonas et la sagesse
de Salomon.

Frère Bruno-Maria

 

« Les gens de Ninive se détournèrent de leur conduite mauvaise »

Lecture du livre du prophète Jonas 3, 1-10

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas :
« Lève- toi, va à Ninive, la grande ville païenne,
proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive,
selon la parole du Seigneur.
Or, Ninive était une ville extraordinairement grande :
il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine
en proclamant :
« Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu.
Ils annoncèrent un jeûne,
et tous, du plus grand au plus petit,
se vêtirent de toile à sac.
La chose arriva jusqu’au roi de Ninive.
Il se leva de son trône, quitta son manteau,
se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre.
Puis il fit crier dans Ninive
ce décret du roi et de ses grands :
« Hommes et bêtes, gros et petit bétail,
ne goûteront à rien,
ne mangeront pas et ne boiront pas.
Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac,
on criera vers Dieu de toute sa force,
chacun se détournera de sa conduite mauvaise
et de ses actes de violence.
Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas,
s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ?
Et alors nous ne périrons pas ! »

En voyant leur réaction,
et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise,
Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

PSAUME 51, 3-4, 12-13, 18-19

R/ Tu ne repousses pas, ô mon Dieu,
un cœur brisé et broyé. 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

« À cette génération il ne sera donné que le signe de Jonas le prophète »

Gloire à toi, Seigneur, honneur, puissance et majesté !
Maintenant, dit le Seigneur,revenez à moi de tout votre cœur,
car je suis tendre et miséricordieux.
Gloire à toi, Seigneur, honneur, puissance et majesté ! 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11, 29-32

En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. »