Lundi 19 février

19022018

Aujourd’hui c’est Lionel  BONHOMME, Accompagnateur d’un groupe de professionnels de santé sur la paroisse Saint Martin la Plaine de Valence, qui nous présente la Pause Carême.

Lecture du livre des Lévites 19, 1-2. 11-18

Quelques mots simplement, par 3 fois, nous entendons : je suis le Seigneur,
comme une invitation à se laisser guider par sa Parole et non par ma propre
volonté. Ce même Seigneur qui m’invite à aimer mon prochain comme moi
même. Comme une invitation encore à entendre cet Evangile du jugement
dernier comme la Bonne Nouvelle qui m’invite à entrer en relation avec mon
frère et à construire le Royaume dès ici bas.

Psaume 18b (19)

En écho à la lecture du livre des Lévites, je suis invité à m’imprégner de cette loi
du Seigneur, loi qui redonne vie. Et je nous invite à entendre ou réentendre ce
beau chant « Un grand prophète » de Didier Rimaud et Marcel Godard (AELF /
CNPL)

Evangile de Matthieu 25, 31-45
Marie-Noëlle TABUT, bibliste nous dit que par cette parabole, Jésus révèle
notre vocation, le projet de Dieu sur l’humanité en nous créant : nous sommes
faits pour être roi. Et il faut écrire « roi » au singulier ; car c’est l’humanité tout
entière qui est créée pour être reine. Vous avez entendue le début du
jugement : « venez les Bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la création du monde. » L’homme est bien créé pour
être roi. L’idée que nous nous faisons d’un roi ajoute t-elle, entouré, courtisé,
bien logé, bien vêtu, bien nourri… c’est très exactement ce que Jésus
revendique pour tout homme.

Dans cet Evangile, nous avons là une définition intéressante de la justice :
quand nous parlons de justice, nous avons toujours envie de dessiner une
balance ; or ce n’est pas du tout dans ces termes-là que Jésus en parle ! Pour
lui, être juste, c’est donner à pleines mains à qui est dans le besoin. D’autre
part, il n’y a même pas besoin d’en être conscient : « Quand est-ce que nous
t’avons vu ? Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? »… Nous qui nous
demandons parfois si le salut est réservé à une élite, nous avons ici une
réponse : visiblement, Jésus ne se préoccupe ici ni des titres ni de la religion de
chacun : « Quand les nations seront rassemblées devant lui, il séparera les
hommes les uns des autres… » Ce qui veut dire que des non-Chrétiens auront
le Royaume en héritage et peuvent être appelés « les bénis de son Père » !
C’est parmi des hommes de toutes races, de toutes cultures, de toutes religions
qu’il se vit déjà au jour le jour quelque chose du Royaume. Nous savons bien
que nous n’avons pas le monopole de l’amour, mais il n’est pas mauvais de
nous l’entendre dire !

Pour resituer le discours de Jésus dans son contexte, cela se passe avant la
Passion du Christ, c’est à dire le moment où les forces de la lumière vont
affronter celles des ténèbres.
Le jugement dont il est question dans cet Evangile Seigneur, porte sur des actes
concrets faits ou non faits, curieusement, ce n’est pas sur l’intention que tu
insiste, mais bien sur ma manière de prendre soin, à l’image de ce berger qui
prend soin de ses brebis.
« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait » Seigneur tu nous invite :
à entrer en relation avec l’autre, comme cela sans attente, sans intérêt,
simplement parce qu’il est là, qu’il est vivant comme moi.
Tu nous invite à dire bonjour à la vieille dame, au patient que je ne connais pas,
qui m’insupporte parfois, sourire au SDF… Parler à la caissière, reconnaître la
femme derrière la travailleuse. Donner et recevoir cette joie de vivre.
tu nous invite encore à ne pas caler aussi lorsque les choses deviennent plus
difficiles pour l’autre, être là simplement, accepter de pâtir avec lui, ne pas
savoir, être confiant malgré tout. Ecouter son cœur, limiter colère et haine.
Donner une chance toujours à l’autre… Traverser la vie ainsi, ouvert, recevant
ce qui s’offre, sans être enfermé dans de grands projets pour demain, non être
là, tout simple, aujourd’hui… Vivre sa vie comme un don qui ne cesse de
s’offrir… Te donner ce que nous pouvons pour qu’avec cela tu tisses ton
Royaume pour tous…

« Quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger,
malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? » Voilà ce à quoi nous
tendons… Mais nous sommes toujours dans le quotidien de nos vies,
aujourd’hui en février 2018. Soyons attentifs à ce que murmurent nos cœurs,
les mouvements de générosité, de don, de partage en nous. C’est la vie du
Seigneur qui nous appelle, qui nous sollicite pour que nous entrions dans plus
grands que nous, plus grands que nos projets, plus grands que nos soucis…
Recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du
monde ». Le secret des secrets, ce monde, mon monde, notre monde, est en
gestation d’un Royaume, du Royaume. Maintenant, il se laisse voir vraiment,
cet autre côté de la tapisserie, ce qui fait la vraie trame de nos vies, de Ta vie
aussi, cette si longue patience où tu as tissé là où nous pourrions dire « oui »
nous aussi… Un grand bonheur s’ouvre à nous, une longue vie ensemble,
simplement, qui donne le poids à tout ce qui a été vécu auparavant, tout reçoit
sa vraie valeur, tout est reconnu. C’était donc vrai… au-delà de tout ce que
nous voulions faire, dire, construire, il y avait cette musique qui nous appelait…
et elle a réalisé, comme malgré nous, des choses formidables…

Pour poursuivre notre méditation, je vous laisse méditer ces paroles du Pape
François à propos de cet Evangile :

« Cette parabole nous dit que nous serons jugés par Dieu sur la charité, sur la
manière dont nous aurons aimé nos frères, en particulier les plus faibles et les
plus démunis. Bien sûr, nous devons toujours bien garder à l’esprit que nous
sommes justifiés, nous sommes sauvés par grâce, par un acte d’amour gratuit
de Dieu qui nous précède toujours ; seuls, nous ne pouvons rien faire. La foi est
avant tout un don que nous avons reçu. Mais pour porter du fruit, la grâce de
Dieu exige toujours que nous nous ouvrions à lui, elle nécessite notre réponse
libre et concrète. Le Christ vient nous apporter la miséricorde de Dieu qui sauve.
Ce qui nous est demandé, c’est de nous confier en lui, de correspondre au don
de son amour par une vie bonne, faite d’actions animées par la foi et par
l’amour.
Chers frères et sœurs, regarder le jugement dernier ne doit jamais nous faire
peur ; cela doit plutôt nous pousser à mieux vivre le présent. Dans sa
miséricorde et sa patience, Dieu nous offre ce temps afin que nous apprenions
chaque jour à le reconnaître dans les pauvres et dans les petits, que nous nous
attachions à faire le bien et que nous soyons vigilants dans la prière et dans
l’amour. Que le Seigneur, à la fin de notre existence et de l’histoire, puisse nous
reconnaître comme des serviteurs bons et fidèles. Merci ! »

Lionel  BONHOMME

« Tu jugeras ton compatriote avec justice »

Lecture du livre des Lévites 19, 1-2.11-18

Le Seigneur parla à Moïse et dit :
« Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël.
Tu leur diras :
Soyez saints,
car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.

Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas,
vous ne tromperez aucun de vos compatriotes.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom :
tu profanerais le nom de ton Dieu.
Je suis le Seigneur.

Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas :
tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié.
Tu ne maudiras pas un sourd,
tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle :
tu craindras ton Dieu.
Je suis le Seigneur.

Quand vous siégerez au tribunal,
vous ne commettrez pas d’injustice ;
tu n’avantageras pas le faible,
tu ne favoriseras pas le puissant :
tu jugeras ton compatriote avec justice.
Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple,
tu ne réclameras pas la mort de ton prochain.
Je suis le Seigneur.

Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur.
Mais tu devras réprimander ton compatriote,
et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui.
Tu ne te vengeras pas.
Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple.
Tu aimeras ton prochain comme toi- même.
Je suis le Seigneur. »

PSAUME 19, 8, 9, 10,15

R/ Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie.

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » 

Louange à toi, Seigneur, Roi d’éternelle gloire !
Voici maintenant le moment favorable,
voici maintenant le jour du salut.
Louange à toi, Seigneur, Roi d’éternelle gloire !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu  25, 31-46

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
“Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront :
“Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.”

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
“Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi :
“Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »