Tout comprendre sur la situation du Monastère des Clarisses de Romans
Depuis 2019, le Vatican demande la fermeture du monastère Sainte-Claire de Romans. Cette décision, peu connue du grand public, fait suite à une visite apostolique réalisée en 2018 et s’impose à l’ensemble des autorités concernées, y compris au diocèse de Valence. Afin de permettre à chacun de mieux comprendre cette situation, le diocèse souhaite apporter plusieurs éléments d’explication.
Pourquoi le monastère Sainte-Claire de Romans doit-il fermer ?
La fermeture du monastère ne résulte pas d’une décision du diocèse de Valence. Elle a été demandée par le Vatican à la suite d’une visite apostolique réalisée en mai 2018. À l’issue de cette visite, le Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique a constaté des fragilités importantes au sein de la communauté religieuse. Il a décidé, le 30 avril 2019, de retirer au monastère son autonomie, de le rattacher à la Fédération des Clarisses Notre-Dame des Anges et a demandé sa fermeture dans les meilleurs délais. Cette décision s’impose au monastère, à la Fédération et au diocèse de Valence.
Qui a pris cette décision ?
La décision a été prise par le Vatican, plus précisément par le Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, l’organisme du Saint-Siège chargé des communautés religieuses dans le monde. Le diocèse de Valence n’est pas à l’origine de cette décision. Il est chargé par le Vatican de veiller à son application.
Depuis quand cette décision existe-t-elle ?
La décision date du 30 avril 2019. Elle fait suite à une visite apostolique menée en mai 2018. Depuis cette date, le monastère a perdu son autonomie et est placé sous l’autorité de la Fédération des Clarisses Notre-Dame des Anges.
Pourquoi la fermeture intervient-elle seulement aujourd’hui ?
Si la fermeture n’a pas été mise en œuvre immédiatement, c’est parce que le diocèse de Valence a souhaité privilégier l’accompagnement des religieuses vivant encore à Romans. Depuis presque 15 ans, des solutions sont proposées aux sœurs afin qu’elles puissent poursuivre leur vie religieuse dans des conditions adaptées à leur âge, à leur état de santé et à leur vocation. Une nouvelle solution permettant d’accueillir les religieuses ensemble ayant récemment été trouvée, la décision du Vatican pourrait être appliquée si les sœurs acceptent.
Les sœurs sont-elles expulsées ?
Non. Le terme « expulsion » ne correspond pas à la réalité de la situation. Les religieuses ne sont pas mises à la rue. Une solution leur permettant de poursuivre leur vie religieuse a été trouvée. Par ailleurs, les Clarisses choisissent librement, lors de leur profession religieuse, de vivre selon une règle de vie. Depuis 2019, le monastère est placé sous l’autorité de la Fédération des Clarisses Notre-Dame des Anges, qui est compétente pour les décisions concernant la communauté.
Où iront les religieuses ?
Une solution d’accueil a été trouvée, permettant aux sœurs de rester ensemble et de poursuivre leur vocation religieuse.
Pourquoi ne pas accueillir une nouvelle religieuse pour maintenir le monastère ?
Depuis la décision du Vatican de 2019, le monastère n’est plus autonome. Les résultats de la visite apostolique ont conclu que la communauté est trop fragile pour accueillir des sœurs supplémentaires. Les décisions concernant l’accueil de nouvelles religieuses relèvent désormais de la Fédération des Clarisses Notre-Dame des Anges. Le diocèse n’a donc pas la possibilité de décider de l’installation de nouvelles Clarisses à Romans.
Pourquoi la décision du Vatican n’est-elle pas encore appliquée ?
Le diocèse et la fédération des Clarisses ne sont pas restés inactifs. Depuis plusieurs années, ils travaillent afin de trouver une solution respectueuse des religieuses. L’objectif n’a jamais été de maintenir un bâtiment à tout prix, mais d’accompagner les sœurs dans la poursuite de leur vocation dans des conditions dignes. C’est l’empathie pour les sœurs et leur situation qui commande, et non la perpétuation à tout prix d’un monastère, même ouvert depuis quatre siècles
Que deviendra le bâtiment ?
L’avenir précis du bâtiment n’est pas arrêté à ce jour. Il appartient à l’association des Amis du Monastère, propriétaire des lieux qui devra veiller à respecter le droit de l’Eglise : lors de la fermeture d’un monastère, les biens matériels sont affectés au monastère qui accueille les sœurs restantes et éventuellement à d’autres monastères de l’ordre des Clarisses.
Pourquoi le diocèse communique-t-il aujourd’hui ?
Le diocèse souhaite aujourd’hui apporter des éléments de compréhension sur une situation complexe, souvent méconnue du grand public. Depuis 2019, il s’est abstenu de communiquer publiquement sur ce dossier, privilégiant un travail discret d’accompagnement des religieuses et la recherche d’une solution respectueuse de leur vocation et de leur situation personnelle. Cette solution d’accueil, permettant aux sœurs de poursuivre ensemble leur vie religieuse dans une autre communauté, n’a été trouvée que très récemment. Elle rend désormais possible la mise en œuvre de la décision prise par le Vatican en 2019. Le diocèse espère que cette proposition sera accueillie favorablement par les religieuses, afin que cette décision puisse être appliquée dans un esprit de responsabilité, de dialogue et de fidélité à la vie religieuse qu’elles ont librement choisie.
Le diocèse comprend-il la tristesse des fidèles ?
Oui. Le diocèse sait combien le monastère Sainte-Claire occupe une place particulière dans l’histoire de Romans-sur-Isère et dans la vie spirituelle de nombreux fidèles. Cette fermeture est une étape douloureuse pour beaucoup. C’est précisément parce que cette décision est lourde de conséquences que le diocèse a pris le temps, pendant plusieurs années, de rechercher une solution respectueuse des religieuses avant d’en permettre la mise en œuvre.
