Témoignages sur Mgr Didier-Léon Marchand

Ils l’ont côtoyé, ils l’ont accompagnés, ils témoignent et ils nous le racontent.

Xavier de Barbeyrac, diacre 

Mgr Marchand un homme d’Eglise : En 1994, il m’appela au conseil pastoral diocésain qui avait pour tâche de mettre en œuvre les actes du synode diocésain qu’il avait convoqué en 1992. Le conseil comportait des prêtres, des religieux et religieuses mais aussi des laïcs.
Mgr marchand souhaitait qu’une petite équipe travaille sur le principe de la « coresponsabilité » qui pouvaient se dégager des actes synodaux. Je fis partie de cette équipe. Elle a travaillé pendant près de 6 mois. A l’issue, nous avons proposé un certains nombre de pistes à suivre pour que cette coresponsabilité devienne réelle selon ce que notre synode avait pu en dire d’une manière ou d’une autre, et comment cela correspondait avec certains textes du Concile Vatican II.
Je voudrais retenir aujourd’hui combien Mgr Marchand était déjà sensible à la place indispensable des laïcs dans l’Eglise. Peut être précurseur de ce que notre pape François nous demande aujourd’hui dans la démarche synodale qu’il propose à l’Eglise du monde. Notre place de laïc coresponsable, c’est-à-dire en responsabilité totale et entière de la marche de notre église locale, elle n’est pas seulement une place de « collaborateur », c’est à dire simple exécutant de décisions venues du clergé, la place des laïcs est une piste pour éviter un cléricalisme sclérosant. C’est à cette occasion que j’ai pu pris conscience d’une Eglise peuple en marche et non troupeau. Sans doute …le point de départ d’une recherche spirituelle qui m’ouvrira au diaconat 10 ans plus tard…
Mgr Marchand un homme chaleureux et accueillant. Je pourrais évoquer de multiples occasions de partage, par exemple une rencontre à l’évêché lors de la coupe du monde de football en 1998, où nous avons terminé plus tôt la réunion pour partager la liesse de la victoire de la France, comment ne pas évoquer la fin de son dernier conseil pastoral diocésain ou pour nous remercier, Mgr marchand a ouvert un Jéroboam de vin des côtes du Rhône, qui lui avait été offert lors de son arrivée comme évêque sur Valence 20 ans plus tôt, ce fut l’occasion d’un partage chaleureux et plein d’amitié…

François Blondel, évêque émérite de Viviers 

Le P. Marchand était un des évêques de mon ordination, il m’a accueilli très gentiment et s’est soucié que j’aille bien, que je ne sois pas perdu en m’appelant ou même en venant me voir très fraternellement. Retiré à Valence un ou deux ans après nous nous sommes vu amicalement très régulièrement. Il s’était identifié avec la Drôme et donc il voyait bien les liens originaux de nos deux départements, on développait bien des actions en commun et on se défendait ensemble face à Lyon. Quand nous étions Drôme-Ardèche il disait vite la spécificité (toujours positive) de la Drôme et se moquait gentiment des limites de l’Ardèche.

 

Guy de Kérimel, archevêque de Toulouse

Monseigneur Didier-Léon Marchand était originaire du village de La Chapelle de Surieu en Isère ; prêtre du diocèse de Grenoble, il fut curé de Vienne, avant d’être nommé évêque de Valence. Il restait attaché à son diocèse d’origine, et à plusieurs de nos rencontres, il me rappelait que j’étais son évêque, lorsque j’étais évêque de Grenoble-Vienne. 

Après la remise de sa charge à 75 ans, il fut un évêque émérite discret, cependant sa santé lui a permis de prêcher des retraites partout dans le monde durant un certain nombre d’années.

Que Dieu accueille son serviteur !

Monseigneur Jean-Yves Riocreux 

Souvenirs de son attention pour l’outre-mer, voyages en Guadeloupe et Nlle Calédonie, notamment en 1994 pour le 150ème anniversaire de l’Eglise.

Nous avions fait le long voyage vers Nouméa ensemble. D’où aussi son amitié avec Mgr Calvet.

Bien fraternellement dans le Christ vivant et dans l’Eglise que Didier-Léon a servi dans la Drôme et le monde.

Père Philippe Barbier – Communauté CPCR (Coopérateurs paroissiaux du Christ Roi)

Notre Congrégation garde de lui le souvenir d’un pasteur très paternel, toujours bien
disposé à l’égard des CPCR. Fr. Louis-Marie et moi-même nous nous rappelons son
accord et son aide lors de l' »Année Alpha et Oméga » que nous avions
lancée pour de jeunes hommes en 1997-1998.

Guillaume Teissier vicaire général du diocèse de Valence et Eric Lorinet curé de la paroisse Notre Dame du Rhône, actuellement au Vatican pour le symposium sur le sacerdoce et les vocations : 

Mgr Didier Leon Marchand est l’évêque qui nous a confirmés et ordonnés, une figure marquante de notre jeunesse et des débuts de notre ministère, nous n’avons pas connu son prédécesseur.

Sa devise « Esprit de force, d’amour et d’espérance » à coloré son ministère. Ses orientations pastorales marquées par le Concile Vatican II et la charité pastorale dans Pastores Dabo Vobis de Jean Paul II, ont façonné notre diocèse et notamment le clergé. Son talent pour la convivialité et sa bonhommie ont fait que nous sommes tous heureux d’être aux mêmes tables eucharistique et conviviale.

Le père Marchand était aussi un homme proche des laïcs, soucieux de leur formation et de leur donner des responsabilités. Il est, par exemple, l’un des premiers à nommer des femmes responsables de service diocésain.

Enfin, innovateur en matière de communication, il est le premier évêque à avoir eu une adresse mail et souhaitait inscrire l’Eglise en dialogue avec la société.

Merci, Pere Marchand : que le Seigneur vous accueille dans sa paix.

Jean-Pierre Didier  : 

Ce cher Evêque émérite, je l’ai rencontré une toute première
fois dans des circonstances peu communes et surprenantes. 

 Ce jour-là, au cœur des années 80, je me trouvais à intervenir professionnellement sur l’installation électrique de l’église de Jaillans dans la Drôme quand soudain, j’aperçus une personne affairée à sa voiture, le capot relevé et le nez dans le moteur. M’approchant de lui, alors que je ne voyais pas son visage, je me permettais de l’interpeller :

– Je peux vous aider ?

– Peut-être, me répondit-il, vous êtes mécanicien ?

– Non pas vraiment, électricien !

– Ah ! Je suis l’Evêque, Monseigneur Marchand et je viens rendre visite à votre bon Père Curé Raillon. 

Quel ne fut pas mon étonnement de rencontrer ainsi notre Evêque, dans de telles circonstances, moi qui en étais encore à Mgr Vignancour arrivant avec sa DS noire, conduite par son chauffeur et descendant de sa voiture dans sa chasuble rouge et noire, pour venir nous donner à toutes et à tous, nous les confirmants, un léger soufflet sur la joue, agenouillés que nous étions le long de la table de communion…

Délicieux souvenir pour moi qui, à présent, après maintes mises en lumière d’édifices religieux, ai le bonheur de chanter les psaumes, en ces lieux où il était un grand berger.

Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne : 

Si prévisible soit-elle, si attendue soit-elle, si naturelle soit-elle, la mort de notre père est toujours un moment très intense et nous sommes plusieurs à l’éprouver au moment où le père Marchand vit sa rencontre avec le Seigneur.

En effet, pour nous qui avons été ses premiers ordonnés et pour plusieurs de nos contemporains de ce qui était alors la Région apostolique Centre-Est, dont il fut président, il fut un père non seulement dans l’ordre sacramentel mais par la liberté qu’il nous donna de mettre en route des projets pastoraux innovants et lui-même fut en pointe de cette innovation : responsabilités données aux femmes, travail synodal qui devait aboutir au synode diocésain célébré de 1992 à 1994 et tout ce qui en découla, vision plus collégiale du ministère ordonné.

Sa façon de vivre son ministère en proximité de chacun, son souci de la communion, de la recherche du consensus, sa présence spontanée auprès des petits, des malades, des handicapés ou des pauvres nous ont durablement marqués. La charité pastorale prenait sens. Et la fraternité devenait règle.

Sa familiarité des Pères de l’Eglise dont la pensée sous-tendait ses homélies, et leur forme même évoquait les sermons d’Augustin, l’avait conduit à accueillir le dernier concile qui marquait le retour aux Pères et l’avait amené à devenir ce véritable évêque selon Vatican II. Les constitutions conciliaires et l’encyclique Ecclesiam suam était vraiment la racine de ses choix pastoraux.

Pour ce qui me concerne j’ai essayé (sans vraiment réussir) de modeler mon épiscopat sur le sien. Dans ces temps de replis frileux de bien des lieux d’Eglise j’aimais l’entendre me conforter dans d’autres choix et d’autres postures.

En 1988 nous avions pu le voir, président de la commission sociale de la CEF, s’impliquer dans les affaires de la Nouvelle Calédonie avec laquelle il gardera toujours des liens et dont l’archevêque, Michel Calvet, restera son ami. Cela rejoignait son goût de l’universel : ses incessants voyages, au temps de la « retraite », dont j’aimais le plaisanter : de Polynésie au Burundi en passant par le Viêt-Nam, disaient comment il comprenait l’épiscopat, on est toujours évêque de toute l’Eglise catholique.

Il aura profondément marqué l’histoire du diocèse de Valence et la nôtre.

En 1989, pour l’Année des vocations, qui devait enfanter le synode, Il avait écrit une prière qui résonne beaucoup au moment de sa mort :

« Ce que je te demande ? Seigneur, ce n’est pas de tout comprendre et de tout faire. Ce que je te demande, Seigneur, c’est d’ouvrir mon intelligence et mon cœur pour que je puisse entendre ta voix et que je sache reconnaître ton visage. OUI ! SEIGNEUR, ME VOICI […] Tu m’appelles pour être conforme à toi qui est le Serviteur de tous […] tu m’appelles pour être au milieu des tiens celui qui « agit en Ton Nom » en étant prêtre. OUI ! SEIGNEUR, ME VOICI ! Seigneur, aide-moi à répondre : ME VOICI, lorsque tu me dis VIENS ET SUIS-MOI. Oui ! SEIGNEUR, ME VOICI ! »

Père Daniel Blanc

J’ai été Vicaire Général de Mgr Marchand pendant 20 ans !
Je dirais volontiers en premier ceci : il était un évêque très relationnel, proche des personnes. Il avait su créer, à l’évêché, une ambiance quasi familiale.
Il ne désespérait jamais de personne !
Je crois qu’il a su incarner le « bon berger » de l’Evangile.
Il voulait que toute personne trouve sa place en Eglise : hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, handicapés… Avec lui, nous avons commencé à initier la formation permanente des adultes, afin que des personnes puissent exercer des responsabilités dans le Diocèse, mais aussi pour approfondir tout simplement leur foi.
Avec lui, nous avons vu renaître les diacres permanents.
Le Synode diocésain de 92-94 a lancé la réforme des paroisses…
Je le remercie pour la confiance qu’il a témoigné à tous ceux et celles à qui il a confié des responsabilités.

Pasteur André Courtial 

Je garde de lui un souvenir lumineux, nous avons eu une collaboration exceptionnelle  lorsque j’étais pasteur à Valence dans les années 1984 à 1997.

Que Dieu soutienne l’Eglise et sa famille.

Michel Chaix, diacre

Didier Léon Marchand était pour moi comme pour les premiers diacres à la foi un père spirituel et aussi un père de famille toujours à l’écoute. Homme d’écoute, de partage , de tolérance , homme de Dieu.
Il avait su créer une fraternité diaconale depuis la première ordination en 86 jusqu’à sa retraite
Tous les trimestre nous étions invités à venir partager avec nos épouses notre mission à l’évêché pendant deux heures avec Daniel Blanc et ensuite nous nous retrouvions comme dans une grande famille autour de la table pour un repas convivial préparé par Lucette.
Sa porte était toujours ouverte il n’y avait pas d’intermédiaire .
De 1978 à 2002 j’ai cheminé avec lui pour tous les pèlerinage à Lourdes et  la préparation du diaconat ,l’ordination et ensuite le soutien de la mission. Avant sa retraite il m’avait de nouveau remis une nouvelle lettre de mission. 

Didier Léon  témoin de l’évangile nous quitte mais il sera toujours présent avec les diacres qu’il a ordonné.


Le Secours Catholique agit contre la pauvreté et en faveur de la solidarité en soutenant les plus fragiles à travers un accompagnement financier et convivial pour sortir de l’isolement. 

C’est un mouvement d’Eglise mais aussi reconnu par l’Etat pour sa dimension caritative. 

Il est donc reconnu comme un acteur de la société civile ouvert à tous sans prosélytisme.

« Dans ce temps de l’avent nous sommes appelés à ouvrir l’horizon de notre cœur, à   nous faire surprendre par la vie qui se présente chaque jour avec ses nouveautés »

Pape François

Secours Catholique

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