Visite de Mgr Pierre-Yves MICHEL au salon de l’agriculture

Retour sur la visite de notre évêque au salon de l’agriculture

Message de Mgr Pierre-Yves Michel

Communiqué de la conférence des évêques de France

Lundi 26 février, notre évêque Pierre-Yves Michel a participé , avec 23 autres évêques à une visite du salon de l’agriculture à Paris organisée par la Conférence des évêques de France. Cette journée fût particulièrement riche de rencontres :

Tout d’abord, nous avons rencontré l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture  (M. Christophe Hillairet Président Chambre de région IDF), la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (Mme Christiane Lambert, Présidente ), puis la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale . Notre matinée s’est terminée par une rencontre avec le Conseil National de l’Enseignement Agricole Privé .

L‘après- midi s’est déroulée principalement sur le grand stand de la Drôme où des entreprises présentent chaque jour des spécialités locales.

Mgr Michel  avec les autres évêques est venu témoigner de son intérêt pour le monde agricole, mieux comprendre la situation parfois difficile des agriculteurs, les contraintes économiques pesantes  et parfois un isolement grandissant. Il a ainsi retrouvé les réalités rencontrées lors des visites pastorales dans la Drôme, les difficultés  concrètes mais aussi  la passion qui anime les agriculteurs pour leur métier et leur amour de la nature.  Il a retrouvé de nombreuses connaissances car le milieu rural est souvent proche de l’Eglise et il a cité le Pape François dans l’encyclique Laudato Si’ qui apporte un éclairage d’espérance, favorise le dialogue entre les générations d’agriculteurs . Il a aussi souligné que le défi ne concerne pas seulement les agriculteurs mais toute la société.  Une belle journée dans une ambiance conviviale, fraternelle et fière de notre terroir !

 

Anne-Véronique BLETE

Service Eglise en dialogue dans la Drôme

VOTRE MISSION EST UNIQUE ET NÉCESSAIRE

Comme en 2016, une délégation d’évêques se rendra au Salon International de l’Agriculture de février 2018. Témoins à la fois de la passion avec laquelle les agriculteurs exercent leur métier et des difficultés auxquelles ils sont confrontés, les évêques veulent ainsi leur manifester leur proximité, leur attention et leur soutien.

Nous savons que la crise agricole que vous traversez est toujours là, profonde, complexe et multiforme. Beaucoup parmi vous souffrent et s’inquiètent pour leur avenir. Face à cette réalité, nous ne pouvons pas nous satisfaire des approches et des discours marqués par la situation de l’après-guerre et les années de forte croissance économique et d’amélioration des conditions de vie qui l’ont suivie. Aujourd’hui, nous mesurons à quel point les temps ont changé. Notre rapport au monde, au travail, à l’économie, à la technologie, à la terre, à la création soulève bien des questions et nous met devant de nouveaux défis, dont celui du respect de l’environnement, que nous sommes appelés à relever tous ensemble.

Ces défis dépassent votre seule profession : ils nous concernent tous et ils ont une dimension internationale. Ils nous interrogent notamment sur la société que nous voulons pour aujourd’hui et pour demain. Ils nous conduisent aussi à questionner les processus économiques tant mondiaux que locaux, pour que soit mieux pris en compte tout ce qui touche à la sauvegarde de notre maison commune et à son avenir. Et nous ne voulons pas ignorer vos solitudes et vos inquiétudes devant ces défis universels.

Mais alors, quelle agriculture voulons-nous pour demain ? Quels changements et conversions devons-nous opérer dans nos modes de vie ?

Nous ne pouvons pas nous résigner à un avenir incertain pour l’agriculture. Voilà pourquoi, comme pasteurs de l’Église catholique, nous voulons vous adresser un message de soutien.

Nous croyons qu’il est vital que le travail agricole soit reconnu par l’ensemble de la société. Cette reconnaissance doit passer par une juste rémunération de votre travail, ce qui, hélas, n’est pas le cas dans bon nombre de filières. Votre travail permet de produire ces aliments dont nous avons tous besoin pour vivre. L’agriculture doit garder sa noble mission : offrir une nourriture de qualité, la plus accessible à tous, et contribuer à l’entretien des espaces ruraux auxquels nous sommes tant attachés.

La terre avec son sol vivant est la matière principale de votre métier ; c’est elle que vous travaillez. C’est d’elle que dépend notre pain quotidien. Aussi est-il vital de prendre soin de cette terre, de la protéger, comme le pape François nous y invite dans son Encyclique Laudato si’. Cultivons « cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement », parlons « le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde », ne soyons pas le « dominateur, consommateur ou pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats » (Laudato si’, n° 11).

La capacité à s’émerveiller devant la Création est le terreau de la conversion écologique attendue par beaucoup. Par votre métier, vous savez que cet étonnement et cet émerveillement se cultivent au quotidien. Vous êtes porteurs d’un savoir-faire unique que vous devez développer et transmettre. C’est ainsi que notre terre pourra continuer à procurer à tous le pain quotidien sans être abimée et dégradée.

Nous souhaitons que toute notre société prenne vraiment les moyens de vous écouter, de recueillir les fruits de votre savoir-faire et devienne ainsi toujours plus soucieuse d’une écologie intégrale.

Car la crise socio-environnementale que nous affrontons « requiert une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus, et simultanément pour préserver la nature » (Laudato si’, n° 139).

Nous sommes témoins qu’au milieu des changements, souvent sources d’inquiétude, se développent de nombreuses initiatives créatrices et innovantes, pour produire dans le respect de l’environnement et la recherche d’une qualité croissante, pour progresser dans les domaines de la coopération et de la mutualisation des moyens. Nous encourageons et soutenons toutes ces initiatives.

Dans l’histoire, votre professionnalisme et votre amour de la terre ont témoigné de votre capacité à vivre des transitions, à surmonter bien des obstacles.

Face à l’ampleur des défis d’aujourd’hui et à la lumière de la Foi, nous vous redisons notre confiance, notre solidarité et notre soutien. Nous appelons la société entière à œuvrer pour une meilleure reconnaissance de votre travail, de votre mission unique et nécessaire.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France

Paris, le 21 février 2018

 

Mgr PIERRE-YVES MICHEL s’exprime depuis le salon de l’agriculture :

 

Le métier de paysan exprime le mieux la vocation de la créature humaine à la

bonne gestion de la création… et pourtant combien cette vocation est défigurée

par tout ce que l’on fait subir comme pression aux acteurs de l’agriculture.

Premiers gardiens de la création, de la maison commune, ils en sont devenus bien

souvent les plus gros pollueurs dans certaines régions, et bien souvent contre

leur gré, parce qu’on leur impose un modèle, notamment économique, plus basé

sur la recherche de rendement à court terme que sur le soin patient et

responsable de la terre qui est confiée. La Bible nous montre que le travail de la

culture de la terre est équivalent à celui du culte des prêtres dans le temple de

Jérusalem, ainsi loin d’être un travail déconsidéré, le travail agricole perçu au

sein de la foi chrétienne a une dimension et une portée spirituelles

exceptionnelles : Par son travail le paysan rend gloire à Dieu qui lui a confiée la

terre en partage, une terre qui est une maison commune selon les mots du Pape

François dans l’encyclique Laudato si’.

Mon ministère épiscopal dans le beau et très divers diocèse de Valence m’amène

à découvrir ce mystère de la vocation paysanne, au sein d’un territoire dont on

dit que tout ce qui pousse en France peut y être cultivé, du fait de la diversité de

climats de paysages, de sols, de reliefs, et d’une biodiversité sauvage

exceptionnelle.

La Drôme étant également le premier département pour l’agriculture biologique

en terme de nombre d’exploitants, je rencontre aussi fortement exprimé, le désir

d’un rapport réconcilié et paisible à la terre. Je rencontre aussi avec désarroi

ceux qui voudraient être gardiens de la maison commune mais qui n’en trouve ni

la force ni les moyens dans l’agriculture qu’ils doivent pratiquer subir pour

survivre. Avec l’Observatoire Diocésain des réalités Écologiques, l’Église

catholique qui est à Valence essaye de mieux comprendre ces réalités diverses et

complexes afin de mieux les accompagner.

 

MGR PIERRE-YVES MICHEL

ÉVÊQUE DE VALENCE