« J’en appelle à la responsabilité et à la patience »

L’évêque de Valence, Pierre-Yves Michel s’oppose au rassemblement prévu ce dimanche 15 novembre devant la cathédrale de Valence pour le retour des messes durant le confinement.

Je ne soutiens pas ce rassemblement. Je pense qu’il est préférable que nous soyons dans la logique du dialogue, dans la fraternité et le service plutôt que dans la confrontation. Cela ne doit pas nous conduire à des attitudes contre productives. Il faut poursuivre sur le chemin du témoignage et du dialogue. Il ne faut pas faire de n’importe quelle façon

Bien sûr la messe c’est très important, et c’est un rendez-vous essentiel. Je comprends l’impatience, je partage la tristesse des fidèles de ne pas avoir la messe mais pour des raisons graves de la pandémie nous pouvons accepter pour un temps, pas trop long si possible, de ne pas avoir les offices le dimanche. C’est très couteux, c’est un gros effort pour nous mais je crois que c’est une manière de prendre notre part de la souffrance de toute la société ? Je pense d’ailleurs aux petits commerçants, à tous ceux dont les libertés d’aller et venir sont entravées et je pense aussi à tout cet effort des soignants et de tous ceux impactés par ce virus.

Je pense que c’est ce signe que nous pouvons donner de porter par la prière mais d’une autre manière qu’avec l’eucharistie.

J’en appelle à la responsabilité sur le plan sanitaire et sécuritaire, et à la patience. Une participation à l’effort de tous est à donner. Le dialogue et la concertation se poursuivent et il y a un rendez-vous proche, lundi matin, avec le Premier ministre où tous les cultes seront écoutés. La Liberté de culte est fondamentale comme l’a rappelé le Conseil d’Etat, et elle sera peut être mieux prise en compte.

Il y a une opportunité de voir comment la parole de Dieu dans une famille, partagée, peut être source de la présence et de l’action du seigneur.

C’est aussi la découverte, dans ce temps d’épreuve, d’une autre manière dont Dieu nous parle. De nombreuses possibilités sont offertes par les prêtres et les paroisses. Des prêtres vont porter les sacrements aux malades, ils peuvent aller donner la communion, il y a aussi des permanences paroissiales ouvertes pour prier