« C’est l’école qui permet de construire une société de fraternité »

En ce lundi 2 novembre de reprise de l’école et d’hommage de la communauté éducative à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de Conflans-Sainte-Honorine, assassiné par un terroriste, les élèves de l’Institution Notre Dame de Valence, comme tous les élèves de France ont pu écouter des extraits de la lettre de Jean Jaurès aux enseignants. Ils ont ensuite débattu en classe sur le sujet. L’évêque de Valence Pierre-Yves Michel est allé à leur rencontre lors de cette matinée d’hommage.

Comme une introduction aux extraits de la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs, lus en cette matinée de rentrée de vacances et d’hommage à Samuel Paty, avant la minute de silence, dans les classes de secondaire de l’Institution Notre Dame à Valence, Jacques Berger, le directeur de l’établissement a insisté sur le sens de l’hommage du jour et a rappelé « combien l’éducation et la formation sont essentiels à la construction d’un enfant. Rendre hommage c’est aussi nous rassembler nous tous la communauté éducative pour ensemble redire que c’est l’école qui lutte contre l’ignorance et la peur. C’est l’école qui permet de construire une société de fraternité dans laquelle on aime la différence de l’autre. Croire en un idéal de paix et de fraternité est le socle de toutes les religions. La fraternité laïque est le but à atteindre. La liberté est pour chacun d’aller prier dans une église, une mosquée ou une synagogue ou de ne rien faire. Cette minute de silence est pour que la lumière éveille chaque homme ».

Après ce temps d’écoute et de recueillement, l’évêque de Valence Pierre Yves Michel a discuté pendant plus d’une demi heure avec des élèves d’une classe de première de l’établissement avec lesquels il a échangé sur le thème du pardon et la fraternité. Et d’expliquer aux élèves : « Cette réflexion sur le pardon peut paraitre folle mais la fraternité se joue sur ce point. On est tous dans la maison commune, la planète que l’on doit préserver. Nous devons nous enrichir les uns les autres par nos différences de vie et nos cultures propres. La laïcité permet à toutes les opinions d’être respectées. Les religions sont le domaine de la liberté le plus profond. Il faut avoir une réflexion profonde sur le respect, c’est à dire se connaître et se respecter en vivant une fraternité. Nous avons la chance d’avoir en France la devise Liberté, Egalité, Fraternité, et les mots sont tous importants, et interdépendants. La fraternité apporte quelque chose à la liberté et à l’égalité ».