Visite pastorale de la paroisse Saint-Émilien

Quelques semaines après la paroisse Notre-Dame des Peuples, c’est l’autre paroisse valentinoise, Saint-Émilien, qui a reçu notre évêque, son vicaire général et leur équipe d’accompagnement pour la visite pastorale du 7 au 10 février dernier.

Annoncée depuis plusieurs mois, activement préparée par nombre de paroissiens autour de leurs curés, le père Michel Fourel et le père Benoît Pouzin, cette visite pastorale a permis la rencontre de différents « mondes », plus particulièrement ceux qui sont l’apanage de la préfecture du département.

L’ouverture s’est faite par les laudes et la messe en l’église Notre-Dame de l’Annonciation : beau symbole pour un début qui, ainsi, ne pouvait être que prometteur des moments forts qui allaient suivre, émaillés des temps de convivialité et d’échanges. Ce fut le cas sur place avec la présentation des multiples groupes de prière et de partage de la parole qui se développaient dans la ville : une banderole de plus de trente feuilles présentait la multiplicité et la diversité de ces regroupements spirituels ; sans en faire une liste exhaustive, on peut citer par exemple les groupes d’inspiration congréganiste – fraternités franciscaines ou groupe de Vie Chrétienne – mais également les enfants adorateurs, les groupes de prière des mères et ceux qui se retrouvent pour la récitation du chapelet, et les divers groupes de partage l’Évangile liés aux différentes communautés de la paroisse, etc. Ainsi se trouvait manifestée l’image des premières communautés chrétiennes : « Ils étaient fidèles à la prière et à l’enseignement des Apôtres ».

L’école Saint-Apollinaire accueillait ensuite des représentants du « monde enseignant », membres de l’Enseignement
catholique et quelques membres de l’Enseignement public pour un échange sur la démarche éducative dans une perspective d’humanité, et le respect de la laïcité : professeurs des Écoles, ou de collège et lycées de disciplines très diverses, personnels chargés de l’encadrement à divers titres, chacun témoignait du souci qu’il avait de faire grandir les jeunes dans leur humanité sous ses différentes composantes.
Après le repas pris dans l’école elle-même, ce qui l’avait conduite à faire « pique-niquer » les enfants dans leur classe pour leur plus grand plaisir (!), toute l’équipe de visite fut accueillie chez une épouse de « Spahis », pour un échange autour d’un café ; diversité des situations et contraintes de la vie militaire furent au menu de la conversation ; il s’en dégagea une image plus réaliste de toute cette fraction de la population de Valence, dont la ville est fière.

Surprise ensuite : il a fallu se rendre à Sainte-Thérèse, mais pas en voiture : une bicyclette a été prévue pour tout le monde et ce fut un cortège de deux roues qui fit le parcours depuis la rue Berthelot, le ciel n’ayant pas été trop méchant
et n’ayant répandu que quelques gouttes ! Rencontres alors avec d’autres « mondes », grâce aux témoignages de ceux qui mettent en oeuvre ces quelques mots « J’étais malade ou en prison et vous m’avez visité ». Georges Barros présenta alors la problématique des visites des détenus, des modalités des rencontres à la demande, des actions qui sont menées en vue de la réinsertion, avec toujours la recherche d’un plus d’humanité. Démarche voisine pour l’équipe chargée de la pastorale de la santé, en milieu hospitalier comme en EHPAD, avec comme éclairage le témoignage d’une malade, objet de telles visites. Après les Vêpres, nouveau transfert « cycliste » pour le repas et la fin de la soirée avec les prêtres et les diacres accompagnés de leur épouse.

Tout le vendredi fut « johannique », c’est-à-dire localisé dans et autour de l’église Saint-Jean-Baptiste : laudes, messe, visite des futurs locaux du secrétariat paroissial, et surtout des rencontres très particulières :
• « Monde » de la justice avec magistrat, avocats, chargé d’application des peines ; de riches témoignages et échanges sur les évolutions et les nouvelles propositions du domaine judiciaire ont donné un éclairage qui tend à garder de l’humain au-delà des nécessaires décisions liées à l’application des lois.
• « Monde des élus » : adjoints au Maire, conseillers municipaux, départementaux et de l’agglomération, suppléant de la députée ; c’est l’engagement au service de la cité et de la population dans toute sa diversité qui est le premier moteur des actions menées aux différents niveaux : ce fut, là encore, l’occasion de riches propos et d’intéressantes questions sur les propositions des responsables de notre vie citoyenne, et sur les rapports avec l’Église.
• Plus tard, la salle Noël Pel était à peine suffisamment grande pour accueillir tous les participants à ce temps de rencontre avec les acteurs de la solidarité, dans la paroisse, mais parfois bien au-delà : nombreux effectivement sont tous ceux qui s’investissent de manière importante pour aider les plus pauvres, les isolés et ceux que la société ne prend pas en considération, avec un œil particulier sur les difficultés plus visibles en ce moment, l’accueil des réfugiés.

Après les vêpres, ce fut le moment très spécifiquement paroissial : regroupement des membres du Conseil pastoral, des relais de communauté et du Conseil économique : présentation des projets de travaux, de la santé financière de la paroisse, et aussi du projet pastoral élaboré depuis plusieurs mois, achevé et présenté lors de la dernière rentrée paroissiale : la paroisse est en marche de manière résolue, appuyée sur ces deux pôles, mais elle se fixe des temps réguliers de relecture et d’adaptation de son projet.

La Cathédrale, mère des églises du diocèse, a accueilli le samedi matin, après les laudes et la messe, un temps de louange puis de préparation – formation à la mission, pour ensuite, par petits groupes de deux ou trois, « aller sur les places et sur les parvis » retrouver « tous les enfants de lumière qui vivent dans la nuit, tous les enfants du Père séparés de Lui » : tâche, oh combien !, rude mais enrichissante qui fit la joie de chacun.
Dynamisée par cette matinée évangélisatrice, la visite rencontra alors les équipes investies dans la préparation au baptême, dans le catéchuménat et la confirmation des adultes, équipes de préparation au mariage et animatrice des « soirées couples », la catéchèse des enfants des différents âges y associant l’abbé Sébastien Dufour, chargé du rite extraordinaire : il y a beaucoup à faire, mais beaucoup de richesses sont déjà vécues… et elles vont être encore amplifiées par le démarrage début mars d’un « Parcours Alpha » plein de promesses.

La paroisse n’est vivante que de la participation de tous, y compris celles et ceux qui œuvrent dans l’ombre : sacristains, fleuristes, chargés de l’entretien, et avec tous ceux qui animent avec foi et passion d’une manière ou d’une autre la liturgie dans les différentes communautés ; le temps convivial a permis à chacun de se découvrir et de se sentir réellement partie prenante de cette entité qu’est la paroisse, rassemblant les diverses communautés liées à chacune des églises.

C’est enfin, en soirée, l’approche d’une autre sorte de « monde », celui de la culture sous ses diverses formes, celles qui se trouvent « en ville » : l’Église n’est pas absente de cette dimension humaine et elle a son mot à dire en vue de l’épanouissement plénier de tous.

Très belle célébration de clôture en ce dimanche matin, à l’église Sainte-Catherine qui se trouvait bien pleine autour des concélébrants auxquels s’étaient joints l’abbé Dufour et le père Krikor Mykaelian de l’église arménienne, avec de très nombreux servants d’autel et de servantes de l’assemblée, le groupe des Petits Chanteurs de la Cathédrale, et une belle chorale. Moments de joie, d’action de grâces pour ce temps de visite, d’envoi en mission avec remise d’un évangéliaire, message de confiance de notre évêque envers les prêtres et tous les acteurs de la paroisse : sourires sur tous les visages, élan de dynamisme ; instants prolongés dans les locaux du lycée Saint-Victor pour un repas partagé par de nombreux paroissiens. Chacun le sait, « la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux, priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » : la paroisse a confiance !

Gérard de Tarlé, animateur du Conseil pastoral paroissial