Une visite simple et du réconfort

[REPORTAGE] – Monseigneur Pierre-Yves Michel a rencontré ce mercredi des viticulteurs et des arboriculteurs du nord de la Drôme, dont la production a été fortement endommagée par l’épisode de gel des jours précédents. Il a pu entendre les difficultés d’un monde agricole, pourtant si essentiel à notre vie, et les a encouragé à l’espérance.

« Je n’arrive pas avec des subventions, mais je vous apporte un signe de soutien. Je suis là pour vous écouter, pour souligner la beauté de votre travail, même s’il est rude et difficile ». L’ambiance était chaleureuse dans les différentes exploitations arboricoles et viticoles que Monseigneur Pierre-Yves Michel, évêque de Valence, a visité ce mercredi 21 avril.  A la Roche de Glun, à Clérieux ou encore à Moras en Valloire, il a écouté des agriculteurs affectés moralement par le nouvel aléa climatique qui a décimé, pour certains, la majorité de leur production de fruits.

« C’est plus l’accumulation que le dernier phénomène qui nous fait mal. On n’a pas le temps de lever la tête que ça revient. C’est décourageant », souffle Bernard qui cultive la vigne, et les abricots. Ces dix dernières années, les agriculteurs n’ont pas connu de récolte complète, subissant chaque année neige, grêle, gel ou tempête de vent. « Tous les ans je guette le ciel. Je suis à la fois triste mais aussi révolté », confie-t-il.

Un ras le bol qui est renforcé par l’image dont souffre ces professionnels de la terre : « Notre monde agricole est malmené et accusé de beaucoup de maux. A l’étranger ce ne sont pas des magiciens, ils n’ont pas des cerises belles toute l’année sans produits. Même en bio il faut des produits comme le cuivre dans la vigne ! On est de plus en plus vertueux mais de moins en moins respectés », souffle un viticulteur du nord du département de la Drôme. « Il y a une réelle méconnaissance de notre métier. Les produits agricoles que nous vendons ne sont pas suffisants pour nous faire vivre. On nous donne des subventions et des aides, mais ce n’est pas cela que nous voulons. Nous voulons vivre de notre travail et de ce que nous produisons. Notre métier c’est de nourrir les gens ».

Des difficultés entendues par Monseigneur Michel dont l’objectif était aussi « de partager et connaître vos difficultés pour apporter un regard différent dans la société de votre domaine, en expliquant ce que vous vivez. Les bons produits dans nos assiettes c’est grâce à vous. On a besoin de le souligner. Cultiver la terre c’est contribuer à toute la vie de la société », leur a-t-il assuré.

L’évêque de Valence a également abordé l’encyclique Laudato Si sur l’écologie intégrale en sensibilisant ces professionnels qu’il a rencontré sur le principe que « tout est lié, la relation à nous même, aux autres, à l’environnement et à Dieu. Tout cela est à redécouvrir. Par le savoir-faire et l’amour de la terre il est important de se demander ce que nous faisons de notre maison commune et d’avoir un regard différence sur la création ».

Et Monseigneur Michel de se réjouir « C’est une visite simple qui leur a apporté du réconfort. Dans l’échange nous avons pu aussi chercher des signes d’espérance. Après quelques hésitations ils en ont donné, comme la joie d’avoir pu donner à leurs enfants l’importance du travail ou la joie de transmettre et celle de voir que les nouvelles générations vivent ce métier avec une certaine créativité. Il y a un enjeu pour que la population redécouvre et respecte mieux ce métier de la terre. J’ai bien aimé leur parole vraie sur leur amour de la terre, leur fierté malgré la dureté et quelques fois une pointe de désespérance et de découragement, compréhensibles ».

Demain, jeudi 22 avril, Pierre-Yves Michel ira à la rencontre d’agriculteurs dans la Drôme Provençale.


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