« Enlevez-nous ces cendres, réveillez les orgues ! »
Cinq ans après l’incendie, la cathédrale Notre Dame de Paris renait de ses cendres, trois ans après l’incendie accidentel de 2021, la cathédrale St Apollinaire de Valence est restée dans ses cendres. Son recteur, le père Guillaume Teissier défend l’importance de travaux de réhabilitation et la valorisation des traces et de l’identité catholique sur la place des Ormeaux, refusant que Valence soit une province oubliée.
« Comment ne pas se réjouir de la résurrection de Notre Dame de Paris ? La Drôme y est présente avec Guillaume Bardet de Dieulefit et la fonderie Barthelemy Arts de Crest. Mais c’est une joie souffrante », lâche Guillaume Teissier, curé de la paroisse Saint Emilien Valence et recteur de la cathédrale Saint Apollinaire de Valence. « Dans l’espace public, une cathédrale rend à toute personne une mémoire longue, bien utile pour avoir la sagesse de traverser les crises d’aujourd’hui. Elle offre un espace sacré où l’on peut respirer, délivré de l’emprise de l’utilitarisme ou de la consommation. Elle permet l’élévation de l’âme. Elle porte dans ses moindres recoins la force de la prière de tant de générations venues déposer ses joies et ses peines. Elle permet de redécouvrir la grammaire chrétienne de l’existence et de la prière, dans un espace liturgique dont la symbolique est inépuisable. Elle rayonne de la liturgie catholique qui est capable de transfigurer l’existence. Elle accueille toutes les questions de sens, les quêtes religieuses des hommes. Elle parle à tous ».
Cinq ans après l’incendie, la cathédrale Notre Dame de Paris renait de ses cendres. Trois ans après l’incendie accidentel de 2021, la cathédrale St Apollinaire de Valence est restée dans ses cendres, privant les orgues de leurs voix, réduisant la force des liturgies, intrigant tous les visiteurs qui s’étonnent du contraste avec la rénovation extérieure. « La cathédrale de Valence espère de toutes ses forces à bénéficier du savoir faire des artisans (les projections de latex pour purifier les murs de la cendre, c’est extra !), de la générosité de donateurs. Elle le mérite car notre cathédrale romane est une des plus vieilles cathédrales de France, consacrée au Xie siècle. Elle est le monument historique le plus ancien de Valence, celui qui porte toute son histoire. Pas d’avenir sans mémoire, pas d’identité sans l’accès à son histoire. L’ensemble cathédral (baptistère, palais épiscopal et cathédrale), dont on espère que les traces archéologiques ne disparaitront pas dans les rénovations extérieures, mérite d’être valorisé. Nous rendons grâce pour Paris, nous rendrons grâce bientôt j’espère pour Valence, qui ne veut pas être une province oubliée. Enlevez-nous ces cendres et réveillez les orgues ! »
