Exposition Images d’Évangile à la Médiathèque

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Retrouver la saveur de l'Évangile grâce à l'art : peintures colorées d'un prêtre du Prado et épisode des Pèlerins d'Emmaüs revisité sur le mode du "conte biblique". Telle est la proposition d'Église, arts et culture pour le Carême 2019.

 

Peindre est un travail solitaire. Son achèvement arrive dans le partage avec d’autres, avec vous qui venez à cette exposition. Le peintre travaille à sa toile jusqu’au moment où il sait qu’il ne peut mieux faire pour le moment. Il se nourrit de la vie. Une expression de joie, de tristesse, de doute, de beauté s’imprime en lui et un jour où l’autre se retrouvera sur une toile.
La peinture : un hymne à la vie. Regardons l’enfant dans la cathédrale : une maman avec son petit sur les bras est devant moi. L’enfant la tête levée, la main ouverte veut saisir les sons de l’orgue, la hauteur de la nef, la lumière des vitraux : moment merveilleux.
Vous avez donné ce beau titre à l’exposition : « images d’évangile ». Les rencontres de Jésus de Nazareth, les paraboles qu’il raconte sont enracinées dans la vie de tous les jours. Elles nous parlent de nourriture, de gestes de partage, de beauté de la création, de la miséricorde de Dieu. C’est mon acte de foi, j’espère que ma peinture en témoigne. C’est une ouverture à ce qui est mystérieux, qui essaie de suivre les traces de Dieu dans la création, c’est une annonce discrète et humble de l’Évangile.

La tapisserie : Commencée il y a 40 ans, laissée dans un coin, reprise après Laudato Si’. Le dessin s’est enrichi de la mère, l’enfant, les oiseux, les animaux d’ici et d’ailleurs, la nature, la croix, l’église. Notre maison commune. Notre mission : ramener toute la création à la suite du Christ au Père.

L’eau, le ciel, les arbres : « Le tableau n’a rien de religieux en lui-même. Mais parce qu’il intensifie le regard sur la lumière, l’eau, la terre, l’air et leur harmonie d’avant l’apparition de l’homme, j’aime à penser qu’il dialogue avec la première page de la Genèse. La création du monde dont la nature porte les traces est un acte de douceur. Le présent rejoint l’origine et le bruissement des couleurs est un écho assourdi de l’éternité. » Gérard Billon. Ce texte écrit pour une autre peinture me semble exprimer ce que je cherche à traduire dans ma toile.

Je termine par cette phrase de Christian Bobin que je trouve juste : « Un peintre c’est quelqu’un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec un chiffon de lumière, imbibé de silence. »

Richard Holterbach