Université de la Diaconie et de la solidarité

Nous voici partis à 4 du diocèse pour vivre « l’université de la diaconie et de la solidarité » à Lourdes du 30 octobre au 2 novembre. Après avoir fait route avec nos 3 amis du diocèse de l’Ardèche, nous voici arrivés à la Cité Saint-Pierre, pour vivre l’expérience de la diaconie avec d’autres venus de tous les diocèses de France.


Nous entrons dans cette expérience pour apprendre ensemble, pauvres ou riches ; nous sommes tous concernés par ce service de la fraternité. Apprendre ensemble le service du frère dans une dynamique ou chacun a quelque chose à donner et à recevoir.

Voici ce que nous partagent :

Charles : (Vice-Président, Secours Catholique Drôme- Ardèche) : " 4 jours à vivre le Royaume des cieux déjà là ! Partager en quelques lignes, mon expérience de 4 jours de vie fraternelle de l’Eglise en diaconie à Lourdes est quasiment impossible tellement l’intensité et la richesse des rencontres, des formations, des célébrations ont été fortes. Je voudrais tout simplement vous partager ma joie d’avoir pu vivre ce temps où chacun a pu partager à l’autre ses connaissances acquises soit dans les livres, soit par son expérience de vie : tous enseignants et enseignés à la fois, personnes ayant vécu ou vivant encore un chemin de précarité, théologiens, bénévoles engagés dans diverses associations, laïcs en mission dans l’Église, diacres, prêtres et évêques. C’est dans une communion avec tous les saints, connus et inconnus, que nous avons formé le peuple immense qui avance et entre dans la fête du Royaume des Cieux. Quelle belle Toussaint et quel moment d’émotion, lorsque nous nous sommes lavés les pieds les uns aux autres en fraternité lors de la célébration dans l‘église Sainte-Bernadette ! «  Donc, si moi, le Seigneur et le Maitre, je vous ai lavés les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn, 13, 14). Lourdes a été pour moi un chemin de vie et un chemin d’espérance… et je porte aujourd’hui en moi cette conviction que nous allons continuer ensemble avec tous les acteurs à construire l’Église diaconiale de notre diocèse. "

Sœur Geneviève (Communauté Sainte-Ursule) : " Je suis très contente d’être allée à plusieurs à Lourdes pour Diaconia car je pense que l’attention à la solidarité et aux plus en difficulté nous concerne tous, spécialement les chrétiens. Nous avons du chemin à faire ensemble pour que tous aient place dans nos églises. Nous avons pu rencontrer des diocèses qui y ont "mis le paquet" ! Pour en citer quelques-uns : Vannes, le Var, Lille et bien d’autres... Quelle joie de constater dans un groupe de partage que les trois les plus en difficulté, qui parlaient, avaient réussi à trouver une vraie place dans leur paroisse, chacun à sa manière ; d’entendre aussi parler du travail partagé, pour préparer le voyage à Rome, auprès du Pape et lui porter les œuvres d’art réalisées - où chacun a œuvré vraiment - et les récits des partages de la Parole, perles de l’Esprit. La fraternité et la simplicité entre tous étaient au rendez-vous et les langues se déliaient et l’accueil était bon, des heures bénies ! Il a surement fallu un gros travail pour que tout roule : près de 500 personnes et 93 ateliers, de très, très belles célébrations où tout le monde vivait de vraies fêtes, dans la prière, le partage, la louange ! Cela valait vraiment le coup ! Que nous sachions donner la parole, faire participer chacun et spécialement les plus faibles, les exclus à la vie paroissiale, à la vie en Église, notre assemblée à Lourdes en était l’illustration, c’est bien l’appel du Seigneur qui nous veut tous frères et chacun peut et doit apporter sa pierre. Merci au Seigneur qui nous envoie dans notre monde rassembler tous les hommes sans oublier personnes, spécialement les exclus, ceux que l’on oublie. "

Sœur Élisabeth (Communauté Sainte-Ursule) : " Plusieurs choses m’ont touchée : la beauté des célébrations dans lesquelles les symboliques ont été fortes et parlantes pour tous. Ainsi la boue sur les mains, suivie de la procession et de la prière à la grotte. L’alternance des « Je vous salue Marie » en français et en arabe par Farah nous a mis à l’unisson pour intercéder pour les migrants et les exclus. Le lavement des pieds a été vécu avec un grand respect et beaucoup d’émotion et le tablier me rappellera l’invitation pressante à me mettre, avec d’autres au service des plus petits. Les échanges en fraternité ont été simples et chaleureux. Dans les ateliers, j’ai été marquée par la richesse et la diversité des initiatives avec un point majeur commun qu’est la convivialité. Et je retiens qu’il suffit d’être deux ou trois pour commencer… même si de nombreux témoignages montraient la difficulté de tisser des liens avec les paroisses et les paroissiens. Le récit évangélique gestué de la Syro-Phénicienne qui a été repris à plusieurs reprises en province m’a aidé à intérioriser la Parole de Dieu et à la prier en communion avec d’autres. Des questions qui ouvrent des perspectives et des chantiers : Comment donner la parole en Église aux plus fragiles ? Et comment l’entendre en Église pour en tenir compte et pour avancer ensemble ? Tous ont redit à Lourdes l’importance des réseaux et la nécessité d’une coordination entre les différents services. Pas tant pour en rajouter mais il s’agit de « sortir de sa chapelle » pour d’abord et avant tout mieux se connaître, mutualiser nos énergies et nos compétences, et vivre un réel service de Diaconie en Église. "

Et maintenant comment continuer l’expérience chez-nous dans notre diocèse, nos paroisses ? D’abord une conviction : oui c’est possible de faire communauté ensemble où chacun est reconnu et aimé. Dieu nous ouvre grand ses mains pour donner son amour gratuitement et l’Esprit nous pousse vers l’autre pour aller à la rencontre, pour ouvrir à notre tour nos mains à l’autre différent. Dans la suite du synode diocésain (2.2 être une Église pauvre avec les pauvres) osons faire de petites fraternités pour accueillir et partager en Église un chemin de fraternité et de foi avec les plus pauvres. L’Église se trouvera enrichi et comme nous le rappelle le Pape François : « les pauvres ne sont pas un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile ».

Dominique Rey, responsable du Service Diaconie et Soin